"Ilentend le mugissement d'un orgue colossal, d'assourdissants coups de cymbales, le
vrombissement de millions de tambours. Un orchestre fou joue dans le ciel, il joue avec des instruments d'acier, de feu. Son tumulte s'engouffre jusque dessous la terre, qui tremble et hurle.
(...)
Il la regarde, la regarde se consumer, se calciner. Il la regarde, yeux grands
ouverts, s'effacer de sa vue, s'effacer de sa vie. Yeux grands ouverts, grands aveugles, il la regarde, la regarde..."
SYLVIE
GERMAIN, Magnus, Folio Gallimard, p.88-90
pour accéder à un
diaporama autour d'un extrait du roman de Sylvie Germain sur les "visions sonores" de Magnus à Comala.
avec la participation de Munch, Dix, Picasso, Pollock, Avril, Claire, Coppola, Rimbaud, Sebald, la Bible, Drolling, Pasolini, Fiona ...
PICASSO - Guernica (1937)
JACKSON POLLOCK - Number 8
(1952)
FRANCIS FORD COPPOLA - Apocalypse Now (1979)
PIER PAOLO PASOLINI - Oedipe Roi
(1967)
BARBARE
Bien après les jours et les saisons, et les êtres et les
pays, Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques ; (elles n'existent
pas.) Remis des vieilles fanfares d'héroïsme - qui nous attaquent encore le cœur et la tête - loin des anciens
assassins - Oh ! Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques ; (elles
n'existent pas.) Douceurs !
Les brasiers, pleuvant aux rafales de givre, - Douceurs ! - les feux à
la pluie du vent de diamants jetée par le cœur terrestre éternellement carbonisé pour nous. - O monde ! - (Loin des vieilles retraites et des vieilles flammes, qu'on entend, qu'on sent,) Les brasiers et les écumes. La musique, virement des gouffres et choc des glaçons aux
astres. O Douceurs, ô monde, ô musique ! Et là, les formes, les sueurs, les chevelures et les yeux, flottant.
Et les larmes blanches, bouillantes, - ô douceurs ! - et la voix féminine arrivée au fond des volcans et des grottes arctiques. Le pavillon...
"Il porte enroulé autour du cou un carré de coton
brodé à son nom en grosses lettres bariolées.
M grenat, A rose, G violet, N orange, U bleu nuit et S jaune safran.
Mais ces lettres ont perdu de leur éclat,
les fils sont encrassés et le coton a jauni."
SYLVIE GERMAIN, Magnus, Folio Gallimard, p. 18
pour accéder à un diaporama
autour d'un extrait du roman de Sylvie Germain
sur l'ourson Magnus.
avec la participation de
Balzac, Ponge, Marine,
Anne, Solenne, Charlotte,
Robin, Winnicott, Pauline,
Baudelaire,
Rimbaud, Fabio, Cristiana,
Domenici, Eleonora, Munch, Fiona
...
... cette terrifiante situation d'autodestruction consentante l'inspira
d'une triste ironie et elle lui donnaTangoà écouter, elle lui donna leur relation devenue douleur à écouter, cela acheva son coeur et son corps, mais
laissant son âme encore plus déterminée dans sa quête du Destin .
Notule
Mes larmes coulent à la plaine Tant leur amour est grand Certains disent que parfois Les larmes coulent du sang
C'est le mien, mon amour Et c'est pour toi qu'il coule Qu'il coulera toujours Dans mes yeux des torrents
Parfois, tu verras lune Eclairer les baisers De celui que tu aimes Que tu croiras aimer
Il sera dans tes bras Et moi, je serai là Comme un loup blessé Qui ne peut plus se battre Mais se bat encore
Car l'amour, c'est la mort Et t'aimer, c'est saigner Saigner de tout son corps Oui, l'amour c'est la mort Oui, l'amour c'est la mort Et toi, ça te fait rire De voir qu'il n'en est qu'un Qui pourra s'en sortir
Mon sang dans la rivière Dis, sais-tu où va-t-il ? Il se perdra sans doute Dans de tristes estuaires
Dans ma triste complainte J'imagine soudain Que tu passes par là Que tu me prends la main
Pour danser sous la lune En souvenir du temps Où nous étions enfants Où nous étions nous-mêmes
Mais il n'y a que moi Que moi et mes sanglots Et la lune est la seule A danser le tango
Car l'amour, c'est la mort Et t'aimer, c'est saigner Saigner de tout son corps Oui, l'amour c'est la mort Et toi, ça te fait rire Comme un empereur triste Qui voyant son empire Se dit qu'il n'a plus rien Plus rien à conquérir
Tu sais, j'ai fait le deuil De nous deux et de toi Mais si nous deux c'est mort Alors c'est mort pour moi
Dans ma main, ce couteau Cette entaille au poignet Ressemble à ton sourire Qui me dit qu'il faut partir
Je ne sens plus mon être Et la douleur s'en va Adieu, mon assassine Adieu, pauvre de moi
Je danse avec l'amour Je danse avec la mort Et je crie à la nuit S'il te plaît, reviens-moi
Et je danse mon amour Et je chante à la mort Cette chanson d'amour Cette chanson pour toi
Luest un ourson de petite taille , au pelage doux, plutôt roux, aux reflets dorés par endroits.
Il en ressort une légère odeur de gingembre. Ses
oreilles ont été confectionnées en deuxpetits ronds de laine rouge. De la cerise, ils ont la teinte
rougeâtre, acide et vif. L'une estintacte, l'autre à moitié grignotée de ma bouche. Ses pattes sont garnies
de cette même laine.Son museau est un petit bout de plastique noir. Il lui manque un œil , l'autre est une
petitebille bleue. Il a dans son ventre une entaille, et quand on met la main dedans , on y
trouveun petit pendentif en or , avec gravée Lu , en lettres manuscrites...
Arthur est un ourson de grande taille, au pelage assez épais, noir légèrement
scintillant par endroits. Il émane de lui une discrète sensation de chaleur.
Ses pattes, ont été confectionnées dans une perfection pour ses coutures souples où l'on a soigneusement
rattaché ces deux rondelles à ses extrémités. De la laine, elles ont la pâleur beigeâtre, l'aspect doux et reposant. L'une est intacte, l'autre à moitié effilochée avec l'usure. Un ovale taillé
dans le même morceau de laine forme un museau placé sur son visage. Le bout de ce museau, est constitué de brins de tissu noir cousus serré, en forme de boule.
Ses yeux sont globuleux, ils ont une forme commode mais la teinte brun
rougeâtre d'une châtaigne, ce qui lui donne un regard fou et étonné.
Il porte enroulé autour du coup un nœud roussi en forme ruban à cadeau.
Mon objet préféré du livre est un personnage muet et immobile dans sa condition de peluche humanisée. C’est « un ourson de taille moyenne, au pelage
assez râpé, marron clair légèrement orangé par endroits. Il émane de lui une discrète odeur de roussi. »
« M grenat, A rose, G violet, N orange, U bleu nuit et S jaune
safran. »
Magnus, qu’il s’appelle, ce personnage chosifié.
Au fil des pages, il est toujours présent sans être là, fantôme récurrent entre les lignes, dont on a l’impression que ses yeux de
« renoncules dorées » nous suivent au fil de la lecture. Témoin de l’histoire de son propriétaire, dont Magnus est la clé : dès le commencement de sa vie, ne lui avait-il pas
dit, par son odeur de roussi, avant même que le personnage principal ne se questionne sur ces origines, que tous les deux venaient d’une petite ville bombardée en Enfer par l’Homme et sa folie
?
Il est le seul lien et repère fixe pour ce personnage « à la mémoire lacunaire, longtemps plombée de mensonges puis gauchie par le temps,
hantée d’incertitudes ».
Mais aussi son reflet, miroir miniature et muet de sa vie, du début à la fin.
Petit bonhomme et petit nounours furent les témoins aveuglés par la démence de l’Homme.
Dont petit bonhomme oublia ces images et ses parents, dont petit nounours conserva pour lui les traces : boucles d’oreilles en « corolle de renoncules » pour la mère et
« Magnus » brodé sur le foulard pour peut-être le nom du père. « Ce fragile peut-être lui tien(dra) lieu de filiation ». Puis ils restèrent ensembles, le personnage principal et la « pouillerie de Magnus », par les parents
imposteurs.
Puis quand la déchéance arriva, la fausse mère mit ses boucles d’oreilles à la place des yeux-bijoux de l’ourson, comme elle l’a fait pour l’enfant, en lui brodant mensongèrement son
histoire.
Ce dernier banda ensuite les yeux de l’ourson au moment où lui ne voulait pas voir la vérité ; quand celle-ci s’imposa d’elle-même, les yeux de diamants tachèrent le bandeau : comme des larmes,
celle de l’amère réalité qui percuta le personnage principal.
Cette vérité fut trop dure, et il arracha les faux yeux, comme il jeta dans l’oubli ses faux parents terribles.
Et ce personnage aux multiples noms vaporeux prit alors l’identité de la peluche : « qui exige de se faire appeler dorénavant Magnus ». Puis l’ourson vieillit, comme le
personnage, toujours présent néanmoins dans ses tribulations, ses nombreux voyages, ses multiples recherches.
Où le personnage deviendra carrément un ours qui « hiberne longtemps », pendant « plusieurs saisons ». Enfin, le doudou tout vieux sera libéré dans un
ruisseau du Trinquelin comme le personnage sera libéré de lui-même, de son passé, de son futur.
Voilà, c’est Magnus l’ourson que je préfère.
Mais qui ne serait pas attendri par un nounours pelucheux au
« regard doux et éberlué » ?
Magnus est un ourson de taille moyenne, au
pelage assez râpé, marron clair légèrement orangé par endroits. Il émane de lui une discrète odeur de roussi. Ses oreilles ont été confectionnées dans un morceau de cuir souple où l'on a découpé deux larges rondelles. De la châtaigne, elles ont la teinte brune rougeâtre, l'aspect lisse
et luisant. L'une est intacte, l'autre à moitié grignotée par une brûlure. Un ovale taillé dans le même morceau de cuir orne l'extrémité de chacune de ses pattes. Son museau est constitué de
brins de laine noire cousus serré, en forme de boule. Ses yeux sont singuliers, ils ont la forme et le doré luisant de la corolle de renoncules, ce qui lui donne un regard doux et éberlué. Il porte enroulé autour du cou un carré de coton brodé à son nom en grosse letres bariolées. M grenat, A rose, G violet, N orange, U bleu nuit et S jaune safran. Mais ces lettres
ont perdu de leur éclat, les fils sont encrassés et le coton a jauni.
J'ai beaucoup aimé cette notule car ici, Sylvie Germain réalise une magnifique description
de ce petit être qu'est Magnus. Elle prend vraiment soin de décrire avec amour un bête morceau de coton recouvert de tissus et de cuir. Ce passage a un côté très enchanteur car il nous fait retomber en enfance avec la description de nos compagnons en
peluche, mais il a également un côté poétique, l'art de poétiser un objet banal, comme le fait si bien Francis Ponge ...
Mon personnage préféré est le moinillon de la fin du livre,
celui qui va apporter la paix au personnage principal.
« Frère Jean »,
« vieille femme »,
« homme enchanté »,
« vieux fouineur »,
« encombrant dévot de la Vierge »,
« moine clownesque »,
« vieux gamin en fuite perpétuelle »,
« Blaise Mauperthuis », comme vous voulez.
J’adore l’apparence et le caractère du personnage,
que Magnus d’ailleurs prendra d’abord pour une vieille dame,
mais qui est en fait un vieux monsieur,
et finalement, un paradoxe sur pattes : confère l’oxymore
« très vieux nourrisson ».
Vieux bonhomme enjoué, petit et menu, « loufoque et loquace », au « visage fripé et certainement édenté », s’occupant de « ruches à l’ancienne » plantées au
milieu d’une clairière où sifflent et chantent les arbres, au chapeau de paille d‘où sortent en manèges et ritournelles bourdonnants des abeilles apprivoisées, robe élimée « de bure terreuse
», d’une démarche « leste » malgré son grand âge, aussi alerte qu’un enfant et qui « s’en va en trottinant, un grésil doré tournoyant autour de son
chapeau ».
Et qui a inventé "NOTRE DAME DU VIDE".
« Un farfadet qui court les bois en jouant avec les abeilles,
Atravers ces pages, Sylvie Germain nous raconte et nous décrit un merveilleux passage d'arc-en-ciel frémissant : l'enfant Franz-Georg ressent une sensation à la fois douce et pimentée, intense, lorsqu'il aperçoit une irruption de couleurs.
Ce passage était mon préféré. J'ai été frappée par tous les détails décrivant ce que ressent l'enfant. Des détails si justes et si précis. L'idée même d'imaginer un enfant
connaître cette sensation grâce à un éclatant flot coloré m'a fasciné. Les mots que l'auteur a choisis me donnent l 'impression d'une douce irruption. La structure, le tempo, la musique du
lexique... L'écriture toute entière me paraissait semblable à la sensation qu'éprouve le futur Magnus.
D'ailleurs, cette étonnante anecdote m'a fait penser à un dessin réalisé parYellow-Pig:
Une jeune femme aux " couleurs intenses et stridentes ", entourée de petits papillons colorés me rappelant les robes de Peggy Bell et
elle-même, la reine des rêves adolescents de Magnus.
"Ces
coulées de couleurscinglantes qui le jettent dans un trouble qu'il redoute autant qu'il espère."
Blog de Yellow-Pig, que je vous conseille asbolument (:
Pages 88 et ses suivantes, voilà mon épisode préféré… Enfin, « préféré » c’est vite dit, parce qu’il n’y a rien que je j’aime dedans, je le déteste même. Et pourtant, c’est celui-ci
qui reste gravé dans mon esprit. , la chaleur suffocante du désert mexicain qui rappelle au personnage principal celle atroce de ses premières années de vie. L’horreur du bombardement de
sa ville, où périssent sa mère et sa mémoire.
« Il entend le mugissement d’un orgue colossal, d’assourdissant coups de cymbales, le vrombissement de
millions de tambours. Un orchestre fou joue dans le ciel, il joue avec des instruments d’acier, de feu. Son tumulte s’engouffre jusque dessous la terre, qui tremble et
hurle. »
D’abord le champ lexical de la musique, l’Art, puis petit à petit, l’horreur monstrueuse, l’art de détruire, par
l’Homme.
« Il voit des torsades d’un jaune cru, des coulées vermeilles, des éclaboussures d’un oranges aveuglant
tomber du ciel, lacérer la nuit. Une orgie de couleur à la fois visqueuses et limpides. De gigantesques crachats d’or et d’écarlate pour couronner la ville défunte. »
Ensuite le champ lexical des couleurs, un gigantesque tableau de massacre peint par la guerre, avec au milieu du vomi
de couleurs, un petit garçon de cinq ans.
« Mais ses pleurs cessent d’un coup quand il voit la femme qui lui tenait la main se mettre à valser dans la
boue, les gravats, avec un gros oiseau de feu accroché à ses reins. Le rapace déploie ses ailes lumineuses et en enveloppe la femme, des cheveux aux talons. »
Enfin, une image terrifiante, frappante et fulgurante, la métaphore filée de la mère qui brûle par l’aigle du Reich
dans sa déchéance ou l’aigle de la Royal Air Force dans sa victoire.
Et l’explication rationnelle suivante, dans un « Notule », expliquant les faits : « Au cœur de l’été 1943 (…) Royal Air Force (…)
effectua une série de raids sur Hambourg. (…) but de l’opération (…) anéantir la ville en la réduisant entièrement en cendres (…) dix milles tonnes de bombes explosives et incendiaires. »
est peut-être encore plus terrifiante.
Les images sont d’une netteté telle frisant l’insoutenable que l’on se croirait dans la ville anéantie,
et pourtant elles sont englobées dans un voile d’imaginaire, peut-être dans l’esprit de l’enfant totalement perdu. Parce que c’est ça, dans « Magnus » qui est le plus frappant. Dans
beaucoup de pages, on oscille entre conte et réel, on vacille entre rêve et réalité. Arriver à mettre de la poésie et du fabuleux sur le hachoir de l’Histoire, pour peut-être arriver à s’en
extirper, c’est peut-être ça,Sylvie
Germain.
Je trouve cette phrase terrifiante et en même temps si vraie...La
culpabilité que ressent Magnus, ici, est sans doute le sentiment du livre qui m'aura le plus frappé car pour moi c'est la sensation la plus dure que l'on puisse ressentir et la plus difficile à
vaincre.
«Les rêves sont faits pour entrer dans la réalité,
en s'y engouffrant avec brutalité, si besoin est.
Il sont faits pour y réinsuffler
de l'énergie, de la lumière, de l'inédit,
quand elle s'embourbe
dans la médiocrité, dans la laideur et la bêtise.»
J’ai décidé de faire mon autoportrait en me chosifiant. Et j’ai choisi mon
bracelet.
Parce que c’est moi, parce qu’il me ressemble, parce qu’il m’a été offert par ma maman au
Guatemala, parce que j’y porte un grand attachement… parce que tout simplement, il représente peut-être encore ce cordon ombilical qui me lie à Elle.
Je ne l’ôte jamais.
Certaines personnes se font tatouer, moi, je me suis fait empoigner.
Je suis ce bracelet.
J’ai été fabriqué par un Guatémaltèque. Je suis rouge, noir, jaune et vert. J’ai une face
plane surmontée de deux vagues.
Je suis à la fois simple et sophistiqué. Mon relief intrigue même si je ne suis encore
qu’un petit bracelet.
Mes couleurs sont celles de la Jamaïque. Le pays de Bob Marley, le pays de toutes les
utopies chères aux adolescents que je suis. Je suis un utopiste. Peu importe le style de musique que j’écoute… « Reggae and Drug »… Quelle bonne blague ! Mais quelle réalité !
Peut-être la mienne. Qui sait ?
Je suis ce bracelet rouge, noir, jaune et vert… plus qu’un emblème, plus qu’une mode
rastafari, je suis le représentant tout simplement de l’idée que l’on se fait de la jeunesse de nos jours et je me conçois ainsi… fataliste mais réaliste.
Revenons à la réalité.
Je m’appelle Nicolas Mahé. Ce bracelet m’appartient. Il vit toutes mes émotions, au
contact de ma peau, de ma sueur ; il est directement relié à mon Moi intérieur.
Ce bracelet en sait parfois plus sur moi que moi-même…
Quand je ne me sens pas bien, que je suis anxieux, je frotte cette petite boule noire qui
n’est en fait que le nœud de celui-ci.
« Magnus voudrait se lever, mais il n'y parvient pas. Il se sent cloué au sol par une
douleur qui brûle dans sa hanche. Il appelle Peggy, recroquevillé dans le caniveau. Il se traîne jusqu'à elle en rampant. Des gens sortent de l'immeuble et accourent vers eux, il ne
distingue que des pieds autour de lui, au loin retentit une sirène de police, ou d'ambulance. Il tend la main vers Peggy, touche ses cheveux. Ils sont mouillés et rougissent le bout de ses
doigts. Des voix parlent au-dessus de lui, mais il ne comprend pas ce qu'elles disent, il n'écoute que le souffle chuintant de Peggy. Leurs visages sont tout proches. « Tim ?... »
murmure-t-elle ; son ton est à la fois plaintif et interrogatif. »
Fragment 24 deMagnus
Chanson choisie pour ce passage :
How Could This Happen to mede Simple plan
Je trouve que cette chanson est adapté au passage. En effet, le passage en lui même est très émouvant
car nous découvrons en même temps que Magnus la gravité de l'accident. La chanson est aussi très touchante, elle parle d'un accident, elle aussi mais simplement la mélodie peut attirer les larmes
alors quand on y ajoute les paroles... Par exemple, si je traduis la chanson, cela donne : « Je ne peux pas supporter la douleur , Je ne peux pas la faire disparaître » , ce qui
correspond au début du passage. Finalement, si on lit ces quelques phrases avec ce fond de musique, l'émotion est accentué et la force des mots devient plus grande.
« Quelque chose entre lui et ce lien, entre lui et ce moment en marge du temps. Et ce
qui conspire en lui ébranle sa mémoire, la désamarre et peu à peu la fait tourner, puis le tournoiement s'accélère.
Des milliers d'images filent à rebours devant ses yeux, comme un mourant voit fulgurer tout
son passé.
La chaleur est intense, il marche depuis des heures. Son ombre s'est rétrécie,
condensée - une flaque noire au bout de ses chaussures. Il n'a pas dormi, rien mangé depuis la veille, ses forces le lâchent d'un coup. Il s'assied au bord d'un champ, sur un talus pelé. Le
soleil tape aussi dru qu'il est haut perché. Il s'allonge sur le sol, pris de vertige.
[ … ] Mais non, l'espagnol n'est pas la langue de cette terre, elle n'est pas originelle, elle
est venue s'y plaquer il y a juste une poignée de siècles, par la violence des armes. Une langue plus ancienne gémit sous les pierres, la poussière. La langue des vaincus, demeurée coriace,
rebelle.
[ … ]
[ … ] Chant d'ivresse, de désolation et de pugnacité. Chant des vivants bêtes et
hommes. »
Fragment 11 de Magnus
Morceau choisi :Adiemus
Je trouve que cette musique correspond à ce passage. En effet, le rythme, en fond, me fait
penser à un rythme de pas, après des heures de marche, où l'on sent le difficulté du mouvement avec tant de fatigue. Le chant me fait penser à ces voix qui le poussent à accomplir ces actes. De
plus, les chants sont en langue ancienne ce qui donne cette impression que des âmes le suivent. Ces voix de femmes donnent une sensation d'espoir malgré de réelle tristesse. Quand plus tard, il y
a le solo de la flûte, on peut penser qu'elle guide Magnus. En conclusion, cette chanson vient accompagner Magnus dans sa solitude.
Pour ce roman, j'ai choisi une couverture très complète qui me semble être convenable. Au centre, le personnage en noir et blanc au
visage flou marqué d'un point d'interrogation renvoie au héros, Magnus. En effet, dans le roman, Magnus ne connaît pas réellement son identité et la cherche, se pose des questions tout au long de
l'histoire. Ce portrait est doté d'un coeur sur quoi on porte l'attention tout de suite grâce à sa seule couleur rouge qui connote la passion, le désir, l'amour, la seule couleur présente sur
cette couverture. J'ai décidé de placer ce coeur car l'amour est présent dans presque chaque pages du livre notamment l'amour que porte le personnage principal envers sa mère, Peggy, son ourson
et bien d'autres personnes encore, ce qui m'a beaucoup touchée. Il semblerait que ce sentiment soit ce que désire le personnage avant toute autre chose, même avant de savoir qui il est vraiment.
Enfin, le fond fait penser évidemment à la guerre présente dans l'histoire mais aussi à la vie de Magnus qui est un vrai chaos. Pour conclure, les sentiments que ce livre expose sont l'amour et
le désordre, deux sentiments tout à fait opposés.
Sources de l'image :
Portait et oreilles d'ours par Juliette H.. Modèle : Morgann H.
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