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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 23:12

Un nouveau voyage au bout de la nuit

pour Sylvie Germain

 

Lumière sur un roman, Magnus, primé en 2005 par le prix Goncourt des lycéens

 

               Sylvie Germain, considérée comme un des plus grands auteurs contemporains, a déjà publié un grand nombre de livres. Elle revient en 2005 avec Magnus.

 

Ce nouveau livre s’inscrit dans la lignée de ses précédents ouvrages. Le style d’écriture, sensible et obscur, reste le même. Et encore une fois, le personnage central, en quête d’identité, n’est pas épargné par la souffrance et les larmes...

 

Dans ce dernier roman, Sylvie Germain nous conte l’histoire d’un homme. On fait sa connaissance quand il a cinq ans pour le suivre ainsi jusqu’à la trentaine. Franz-Georg n’a aucun souvenir de sa petite enfance.  Il doit au fil de l’ouvrage oublier un passé qu’il découvre progressivement au fil des années. Il découvre ainsi que ceux qu’ils croyaient être ses géniteurs n’étaient que ses parents adoptifs… A cette vérité s’ajoute celle de leur engagement dans le régime nazi ; l’homme notamment était le médecin d’un camp de concentration…

 

Puis, ne supportant plus le nom que ses « parents » lui ont attribué, il est amené à en changer plusieurs fois pour enfin s’arrêter sur « Magnus », prénom de son ours en peluche. C’est finalement tout ce qui lui reste pour faire le lien entre le passé, l’enfance, sa vie d’avant la guerre et ses années de maturité.

 

Partout où se trouve Magnus, la mort est là. De son premier amour à son dernier ami, il perd toutes ses attaches.

 

A plusieurs reprises, Sylvie Germain donne l’impression que tout s’écroule autour de son personnage.

 

L’écriture de Sylvie Germain est un art en lui-même ainsi qu’en témoigne l’œuvre même de Magnus. Ce livre tire son originalité de sa forme peu commune, fragmentaire, constituée de chapitres courts. Une écriture qui n’est pas sans nous faire penser à celle de René Char. Le style est somptueux mais tire son éclat de sa simplicité. L’auteur sait exprimer les émotions de ses personnages avec subtilité, à travers des mots sobres mais qui ne laissent jamais le lecteur insensible.

 

Magnus est un livre plein de mystère qui intrigue jusqu’au bout. C’est un long chemin rempli d’embuches et d’épreuves et on a peur de voir le personnage, parfois accablé, ne pas s’en relever.

 

Mais Magnus est un être de volonté. A tel point qu’il semble impossible que sa quête n’aboutisse pas.

 

Il lui faudra beaucoup de force de caractère, de détermination pour reconstruire, recomposer une identité qui a volé en éclats !

 

Pour y parvenir il lui faudra alors emprunter d’autres voies que celles du réel et de la raison mais, au bout du parcours, il comprendra mieux que quiconque que « l’imagination et l’intuition sont requises pour aider à dénouer les énigmes »...

 

 

 

                                                                             Magnus, par Sylvie Germain. Ed Folio, 264p. 6€

 

 

       Marine Camara, élève de 1ére L1 – Lycée Charles de Gaulle de Vannes 

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Published by Marine - Vannes - dans Sylvie GERMAIN
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SYLVIE GERMAIN, Magnus
(Prix Goncourt des Lycéens 2005)



LEONORA MIANO, Contours du jour qui vient
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PHILIPPE CLAUDEL,
Le rapport de Brodeck
(Prix Goncourt des Lycéens 2007)

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