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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 08:10

ON A RETROUVE MAGNUS !





           Je suis journaliste-reporter, et depuis neuf mois je fais des recherches sur Magnus, un homme dont la vie à été passionnante, remplie d’embûches, d’espoirs et de désespoirs. Cet homme à vécu le pire : son  père adoptif, haineux, nazi, ses femmes qu’il a tant aimées et qui ont disparu, et bien sûr son enfance, oublié à jamais. Tel un homme coincé dans un roman dramatique. Mais cet homme a disparu, son dernier domicile connu était en France, dans un endroit calme et reculé. Une femme Sylvie Germain a écrit un livre retraçant sa vie, intitulé Magnus.  Par ailleurs, au fil de ces neuf mois j’ai pu écrire et éditer quelques articles sur lui, sa vie.


          Je me suis donc mise à chercher en France, mais aucune trace, pas même un indice, une connaissance, rien. J’ai beaucoup voyagé, pour essayer de trouver un signe de vie de Magnus, je suis allé à Venise, au Mexique, au Etats-Unis et enfin à Londres. J’ai eu beaucoup de mal à retrouver quelqu’un ou quelque chose lié à ce mystérieux personnage mais au final, c’est le hasard qui m’a guidée. C’est la biographie de Myriam Folcher et quelques une de ces pages parlant d’un certain Adam qui m’ont tout de suite émoustillée, et j’ai compris qu’elle l’avait connu. Je l’ai alors rencontrée, elle l’avait peu connu mais savait qu’il était parti vivre à Rome car elle avait reçu une lettre de lui-même adressée à sa famille. Elle m’a aussi donné son adresse, ce qui a été toutefois assez difficile à obtenir. Je suis donc partie à Rome en me demandant pourquoi je n’y avais pas pensé plus tôt.


          Sonnant à la porte d’une petite maison, simple, je découvris Magnus pour la première fois, telle que je l’avais imaginé. Ses traits durs, son visage, son physique, tout était comme dans mon imagination. Je lui ai donc posé de nombreuses questions. Je m’attendais à ce qu’il me jette dehors, qu’il ne veuille pas me parler, mais c’est un homme calme que j’avais en face de moi. Il était très étonné d’apprendre que je le cherchais et faisait un reportage sur sa vie et son personnage  et il accepta. Je lui ai donc demandé pourquoi il s’était réfugié seul à Rome (malgré mes idées sur ce sujet), et il me répondit que c’était la ville ou il devait partir vivre avec son dernier amour, Peggy, il voulait lui faire plaisir, à elle mais aussi à lui. Puis, je lui ai demandé ce qu’il était devenu, comment il se sentait, s’il regrettait sa vie précédente. Et après un moment de réflexion, il parla.


         Il m’a confié qu’il avait toujours du mal à oublier sa vie précédente, qu’il aurait adoré voir son père adoptif mourir de honte en prison, qu’il aurait souhaité finir ses jours accompagné de Peggy. Mais le destin en a décidé autrement. Magnus n’avait pourtant pas l’air triste, juste sans émotions apparente, d’un calme presque incroyable. Il me dit aussi qu’il n’avait pas essayé de vivre une autre vie, il voulait juste continuer à vivre pour Peggy et les autres qu’il a tant aimés. Je lui posai alors une dernière question, ce qu’il comptait faire à présent, durant le reste de sa vie, et il me répondit qu’il passerait ses journées à se balader au calme, solitaire, et qu’il continuerait le livre qu’il venait de commencer, retraçant uniquement les événements merveilleux qui lui était arrivé. Cet homme n’était pas bavard, il était comme déjà mort car il n’avait plus rien à raconter, sa vie s’était terminée à la mort de Peggy, son dernier espoir. Rien qu’en le rencontrant, j’ai pu sentir à travers lui sa vie, pénible, cherchant, à tout prix, à retrouver le bonheur.




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Published by Marie - dans Sylvie GERMAIN
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autour des romans ayant obtenu le Prix Goncourt des Lycéens ces dernières années.

Il est l'oeuvre des élèves de différentes classes de l'Académie de Rennes
engagés dans l'étude d'un roman d'aujourd'hui :

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SYLVIE GERMAIN, Magnus
(Prix Goncourt des Lycéens 2005)



LEONORA MIANO, Contours du jour qui vient
(Prix Goncourt des Lycéens 2006)


PHILIPPE CLAUDEL,
Le rapport de Brodeck
(Prix Goncourt des Lycéens 2007)

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