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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 04:07

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« Tu est né un 4 juillet 1938, dans une petite ville haut nord de Hambourg. »


Tout d'abord je ne compris pas ce qui m'arrivait, mais je me rendis vite compte de la situation : mon ourson, ce fidèle Magnus, témoin de mes cinq premières années! C'était lui qui me parlait ! Il continuait imperturbable :


« Ton père s'appelait Auguste Raubuch, un honnête citoyen Allemand, contre les idées nazies d'Adolf Hitler, il était capitaine dans la marine marchande; ta mère, Ellenna Raubuch, une jeune femme extravertie, très belle, toujours souriante, elle s'occupait de ton grand frère et de toi ».


« Et moi comment mes parents m'avait-ils nommé à ma naissance? »


J'essayais de lui retirer des informations sur mon passé mais l'ourson continuait comme si il ne m'avait pas entendu :


« Ton frère était un brillant étudiant en littérature, mort ce soir de 1942 lors du bombardement des Alliés à Hambourg même ».


Et c'est le moment que choisit la femme de chambre de l'hotel dans lequelle je dormais pour venir me reveiller :


« Monsieur je suis désolé, mais vous aviez bien précisé que je devais impérativement vous réveiller avant midi ! ».


Je grommelai et elle comprit vite que je n'étais pas de très bonne humeur.


Ma journée passa à un rythme impressionant et je partis me coucher de bonne heure, en espérant que je reverrais mon ourson pendant la nuit. Et en effet, aux alentours de minuit, il revint, toujours avec cette voix où n'apparaissait pas l'ombre d'une émotion :


« Tes parents étaient des gens aimants, entourés d'amis en tout genre, qui ne te voulaient que du bien. Pendant la montée du nazisme en Allemagne, tes parents, en particulier ton père se sont fortement inquiétés. Ils pensaient déménager en Italie, car le pays était plus sûr, avant que survienne cette nuit sinistre et ce bombardement impitoyable... »


« Et moi quel était mon nom? »


Le diabolique ourson ne m'écoutait toujours pas! Je commençais à perdre patience :


« Tu vas me dire ! Magnus, par pitié ! Je cherche mon identité depuis si longtemps ! »


Et j'entendis à ce moment là la phrase qui me hantait :


« Toi, tu étais Joshua Raubuch, un nourrisson sans importance, aimé plus que de raison, sauvé par sa mère lors du bombardement de Hambourg ».


Mon coeur se mit à battre à une vitesse impressionnante, et je me réveillais tout transpirant , dans les draps collants de cette hôtel miteux.


« Joshua Raubuch, Joshua Raubuch... »


Je me répétais cela des heures durant, avec à mes lèvres un petit sourire en coin...

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Published by Jean- Loup - dans Sylvie GERMAIN
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Ce blog est un espace de lecture, d'écriture, de création,
autour des romans ayant obtenu le Prix Goncourt des Lycéens ces dernières années.

Il est l'oeuvre des élèves de différentes classes de l'Académie de Rennes
engagés dans l'étude d'un roman d'aujourd'hui :

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SYLVIE GERMAIN, Magnus
(Prix Goncourt des Lycéens 2005)



LEONORA MIANO, Contours du jour qui vient
(Prix Goncourt des Lycéens 2006)


PHILIPPE CLAUDEL,
Le rapport de Brodeck
(Prix Goncourt des Lycéens 2007)

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