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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 05:36

Magnus selon Peggy Bell :

 

         La première fois que j’ai vu Magnus il m’avait fait penser à un jeune garçon perdu dans ces rêves, ne sachant pas grand choses de la vie, il avait l’air sympathique. Mais dans son regard j’avais vu de la souffrance, il cherchait quelque chose mais quoi même lui n’avait pas l’air de le savoir. Moi à cette époque  je m’interrogeais sur moi, j’avais dix-sept ans, alors, je me souviens de cette question idiote que je lui avais posée cet après midi d’été :

 

« Est-ce que je suis jolie ? Toi dis-moi franchement comment tu me vois, jolie ou non ? »

 

Il ne m’avait pas répondu, j’avais été vexée, pourquoi ne m’avait il pas répondu, j’avais envie de pleurer, quel abruti celui-là. J’en avais donc conclu qu’il était niais, après tout il n’avait que quinze ans. Mais là, il s’était approché de moi, m’avait pris dans les bras et m’avait embrassé, ceci n’avais pas duré longtemps, mais pendant le peu de temps que ça a duré, la seule envie que j’avais, c’était qu’il continue. Pendant cet instant, je m’étais sentie aimée, jolie, désirable et importante. Mais il m’avait repoussée si fort que mon cœur en avait cessé de battre pendant quelques minutes, ça avait été mon premier baiser, jamais je ne l’ai oublié. Il était parti en courant : ce qu’il avait eu, je ne lui ai jamais demandé.  



Autoportrait de Francis Bacon


 

Magnus selon Clemens Dunkeltal :

 

         Il se souvient très bien de ce soir où il avait chanté Geist der Liebe, un lied de Schubert pour un jeune homme avec son amie. Il avait chanté ceci avec une telle conviction qu’il se souvient encore du succès que cela avait produit dans la salle. Avant de partir, cet homme avait donné au serveur un mot qui lui était destiné, Il se souvient encore mots pour mots ce qu’il y avait d’écrit dessus :

 

 « Vous chantez encore très bien, Docteur Clemens Dunkeltal, pour un homme mort depuis plus de trente années. Il est vrai que vous avez plusieurs voix de rechange : celles d’Otto Keller, de Helmut Schwalbenkopf, de Felipe Gomez Herrera. Et de quelques autres encore, peut être. […] Car il serait dommage, n’est ce pas, qu’un talent aussi grand que le votre demeurât inconnu ?

A très bientôt, donc. »

Ce message l’avait mis dans une colère folle, il l’avait alors réduit en une boulette de papier. Il s’était demandé pendant plusieurs minutes qui avait bien pu le reconnaître. Il était donc parti demander au serveur qui lui avait remis ce mot plein de foutaises. Le serveur lui avait donc révélé que c’était le couple qui lui avait demandé de chanter. Il est donc parti avec Klaus son fils à la recherche de ce couple, c’est là qu’il s’est rendu compte que ça ne pouvait être que Franz Georg, son fils adoptif. Une envie de meurtre l’a pris, personne ne devait savoir la vérité sur lui, il a donc essayé de tuer Magnus et sa copine, mais il n’a jamais su s’ils étaient tous les deux morts. Car il a percuté un poteau avec son fils Klaus.

 

 




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Ce blog est un espace de lecture, d'écriture, de création,
autour des romans ayant obtenu le Prix Goncourt des Lycéens ces dernières années.

Il est l'oeuvre des élèves de différentes classes de l'Académie de Rennes
engagés dans l'étude d'un roman d'aujourd'hui :

http://blogs.mollat.com/litterature/files/sylvie-germain.jpg
SYLVIE GERMAIN, Magnus
(Prix Goncourt des Lycéens 2005)



LEONORA MIANO, Contours du jour qui vient
(Prix Goncourt des Lycéens 2006)


PHILIPPE CLAUDEL,
Le rapport de Brodeck
(Prix Goncourt des Lycéens 2007)

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