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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 04:49

 

Georg se replie sur lui-même, plus seul et désemparé que jamais. C’est un repli sur du vent, car il vit dans un sentiment aigu de non-sens et de précarité. Comme lors de sa convalescence dans la campagne du Lüneburg, près de Celle, il cherche du réconfort auprès de la nature, terre et ciel. Il respire l’espace, y déploie ses sens, rêvant longuement autour de toute chose. La rêverie consiste en une sorte de lente manducation du visible, des sons, des odeurs. Il aime le lac, cette étendue de bleu lisse qui varie sans cesse, allant de l’azur laiteux au violet presque noir, ou d’un tilleul opalin au vert foncé selon les heures du jour, autant qu’il a aimé la lande. Il ne se lasse pas d’étudier la vie des couleurs, leurs perpétuelles transformations, leurs frémissements, leurs lentes effusions suivis de brusques changements.

Et toujours il guette avec fébrilité l’explosion d’un rouge ardent, d’un jaune acide, d’un orange cru.



C’est assez difficile d’expliquer comment les couleurs nous viennent dans la tête à la lecture d’un mot, d’une phrase...

            Cependant, les pronoms, les mots de liaison ou autres déterminants, il apparaît évident qu’il se doit de les laisser en blanc, couleur neutre. Le fond noir permet aussi de faire ressortir les couleurs plus pâles, comme le jaune clair pour des mots qui connotent la faiblesse, la fragilité (ex : ‘’Seul, désemparé, fébrilité’’...), ou alors qui suggèrent directement ces nuances (ex : ‘’Laiteux’’). Ensuite, le bleu, je l’ai utilisé pour des mots se voulant simples, libres (ex : ‘’Vent, rêve, ciel’’), mais aussi pour des mots utilisés pour des choses bleues (ex : ‘’Lac, espace, azur’’...). J’ai pris le vert pour des mots touchant directement à la nature (ex : ‘’campagne, nature, terre’’...) ou exprimant des nuances de vert (ex : ’’Opalin, vert foncé’’). Les mots que j’ai colorés en rose ont pour moi une connotation d’amour, de bien-être (ex : ‘’Réconfort, aimé’’...). Pour finir, les couleurs vives, je les ai utilisées pour des mots brutaux, vifs, qui attaquent (ex : ‘’Brusques, explosion, ardent’’...).

            Cette palette de couleurs nous montre un travail particulier de l’auteur, car on peut voir une évolution du pâle vers le vif tout au long des paragraphes...


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Published by Corentin - dans Sylvie GERMAIN
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Ce blog est un espace de lecture, d'écriture, de création,
autour des romans ayant obtenu le Prix Goncourt des Lycéens ces dernières années.

Il est l'oeuvre des élèves de différentes classes de l'Académie de Rennes
engagés dans l'étude d'un roman d'aujourd'hui :

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SYLVIE GERMAIN, Magnus
(Prix Goncourt des Lycéens 2005)



LEONORA MIANO, Contours du jour qui vient
(Prix Goncourt des Lycéens 2006)


PHILIPPE CLAUDEL,
Le rapport de Brodeck
(Prix Goncourt des Lycéens 2007)

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