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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 05:56

J'ai choisi d'insérer dans le roman un poème bien connu, il s'agit de celui de Rudyard Kipling : Tu seras un homme mon fils. Le voici dans son intégralité :

 

 

 

Tu seras un homme, mon fils.


Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et, sans dire un seul mot te remettre à bâtir
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir.

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre.

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter les sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot.

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi.

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître
Penser, sans n'être qu'un penseur.

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant.

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front.
Si tu peux conserver ton courage et ta tête,
Quand tous les autres la perdront.

Alors, les rois, les dieux, la chance et la victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les rois et la gloire,

Tu seras un homme, mon fils.

Rudyard Kipling

 

 

 

Source image

 

 

 

 

Je trouve ce texte absolument magnifique et je pense qu'il conviendrait parfaitement au roman de Sylvie Germain. Effectivement, il semble par certains vers reprendre l'histoire de Magnus. Ainsi, le premier vers nous rappelle clairement le début de la vie du héros : « Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie Et sans dire un mot te remettre à rebâtir ». Étonnant comme cela renvoie à l'amnésie à laquelle l'enfant doit faire face, particulièrement le fait que Kipling écrive « Et sans dire un mot », sachant qu'à cette époque Magnus parle peu, il préfère écouter et regarder ce monde qu'il redécouvre. Et au fil du poème, on a l'impression de redécouvrir Magnus. Pour cette raison, j'imaginais placer le poème à la fin du roman, juste avant la dernière page, « le Fragment ? ». En effet, à ce moment de l'histoire, le frère Jean vient de mourir et avec lui le guide que Magnus venait de découvrir. Le poème ressemblerait à une sorte d'adieu, un soutien pour porter Magnus vers l'avenir. Le fait que Kipling dise « mon fils » semble rappeler le frère Jean, qui appelait Magnus « fils ». Et cela laisserait penser que le héros n'est pas encore un homme malgré son âge, qu'il lui reste à apprendre dans la vie. De plus, la dernière page - celle qui suivrait mon texte - commence par « Ici commence l'histoire d'un homme qui... », cela s'accorde parfaitement à ce que fait pressentir le poème. En somme, cette œuvre - un peu longue pour une séquence certes... - semble s'insérer facilement dans le roman et lui donner un sens nouveau ; elle porte plus encore le personnage vers l'avenir. Le roman terminerait ainsi sur une note d'espoir.

 

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Published by Anael - dans Sylvie GERMAIN
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autour des romans ayant obtenu le Prix Goncourt des Lycéens ces dernières années.

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SYLVIE GERMAIN, Magnus
(Prix Goncourt des Lycéens 2005)



LEONORA MIANO, Contours du jour qui vient
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(Prix Goncourt des Lycéens 2007)

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