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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 05:01

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Fragment 30

 

 

 

            Las de sa journée, Magnus, Adam, Franz-Georg, qu’importe, se couche. Le sommeil se révélera riche en surprises, mais surtout riche en révélations. Il ne s’était pas imaginé une seule seconde qu’il parviendrait à s’en rappeler un jour. Il rêve.

 

            Magnus … Son ourson. Assis par terre. Derrière une ruine d’une vieille bâtisse de Hambourg. Ou alors non loin de la grange, il ne sait pas. En fait, il ne distingue pas très bien le décor, il se contente de se focaliser sur son ourson. Il le regarde, sourit. Il s’avance vers lui. La peluche semble étrangement anxieuse, perplexe. Elle l’attendait pour lui expliquer, tout lui raconter. Oui, le moment était enfin venu de faire resurgir cette vérité enfouie dans les profondeurs de sa mémoire traumatisée.

            « Bonjour Eldjárn. »

L’homme sans nom marque une pause. Dévisage son confident, puis continue. Il s’assoit à ses côtés. Il ne comprend pas … Tout est flou.

« Magnus ? » s’inquiéta-t-il.

Un silence. Finalement :

«  Qui que tu penses être, quelle que soit l’importance que tu y apportes, laisse-moi te raconter une histoire ; la tienne, car il est temps que tu saches enfin d’où tu viens. »

Il commence à comprendre. Il se rappelle du L présent dans son prénom, la grange … Ca y est ! C’est sûr, il s’en souvient maintenant.

L’ours continue son discours :

« Tu as eu une enfance des plus heureuses, et j’en suis le principal témoin. Tes parents et ta sœur te choyaient comme un Jésus. Personne n’aurait pu rêver d’une famille plus aimante. Hélas, du fait de l’Histoire et de ses injustices, tout s’écroula. Le petit Eldjárn fut recueilli dans un foyer pour rescapés où tu restas plus de cinq mois. Je me souviens que tu avais horreur de tous ces gens qui te questionnaient et te forçaient à faire des activités que tu jugeais complètement inutiles et inintéressantes. Tu ne me quittais jamais dans ces moments-là, tu mordillais mon oreille roussie et cela te rassurait. Une fois ce calvaire terminé, un autre se profilait, mais personne ne pouvait s’en douter, lorsque l’élégante et raffinée Thea Dunkelthal arriva à l’agence d’adoption. La suite, tu ne la connais que trop bien … »

 

Il se réveille en sursaut, dégoulinant de sueur. Il se met à  rire, seul, dans la nuit, soulagé, apaisé. La vérité a enfin connu la lumière, le héros a enfin une identité.

« Merci, Magnus. »



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Published by Margaux - dans Sylvie GERMAIN
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autour des romans ayant obtenu le Prix Goncourt des Lycéens ces dernières années.

Il est l'oeuvre des élèves de différentes classes de l'Académie de Rennes
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SYLVIE GERMAIN, Magnus
(Prix Goncourt des Lycéens 2005)



LEONORA MIANO, Contours du jour qui vient
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(Prix Goncourt des Lycéens 2007)

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