Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 08:35

Francis Bacon


Magnus vu par Hannelore Schmalker

 

Adam, mon fils adoptif, était un jeune homme assez réservé mais très sympathique. Je n'ai jamais trop voulu me rapprocher de lui de peur de le perdre avec l'âge, de le voir partir vagabonder dans le monde à la recherche de ses racines, ce qui est d'ailleurs arrivé. J'en ai toujours voulu à Lothar d'avoir accepté la demande de sa soeur, ce que je dis peut paraître ignoble, mais je ne sais pas s'il avait réellement compris la responsabilité que cette adoption impliquait, mais à présent je l'en remercie. Ce que j'ai particulièrement apprécié chez Adam, c'est sa sociabilité et cette ouverture d'esprit qu'il a eue avec mes filles et la famille qu'il n'avait jamais rencontrée. Cette intégrité a permis à mes filles d'avoir un frère qu'elles n'auraient jamais pu avoir et leur a permis de vivre une expérience, j'imagine, très payante. Cet homme est l'être le plus fort que je n'ai jamais connu, il ne s'est en effet jamais plaint et n'a jamais parlé de son enfance difficile. Il a toujours respecté tous nos choix. Le plus blessant, depuis son arrivée, a été son départ, à sa majorité, pour l'Amérique. J'ai eu la grande et véritable impression de perdre un vrai fils. Je n'ai jamais exprimé ouvertement toute la tristesse que j'ai ressentie ce jour-là, mais Dieu sait combien j'ai souffert.

 


 

Francis Bacon



Magnus vu par Clemens Dunkental

 

Je n'ai jamais considéré Franz comme mon fils et si j'ai accepté de l'adopter, c'est pour Thea et seulement elle. Je n'ai pu me mettre dans la tête le fait qu'un inconnu puisse hériter de tout ce que je possède à ma disparition. Je n'appréciais pas Franz et le faisais bien comprendre. J'ai en revanche choisi le prénom de ce jeune homme : Franz-Georg, afin qu'il puisse avoir en mémoire la bravoure de ses deux oncles qui se sont battus pour la patrie. Moi, Clemens Dunkental, ai toujours su que cet orphelin ne serait jamais assez brave, courageux et obstiné pour aller combattre, se sacrifier pour sa patrie. Tout ce qui l'interessait, c'étaient ses dessins et sa collection de timbres qu'il a toujours gardée pour lui. J'ai seulement su qu'il en avait une lorsque nous avons dû fuir, j'aurais d'ailleurs laissé Franz là-bas si je l'avais pu, afin que pour une seule fois dans sa vie il puisse avoir à se battre seul malgré son jeune âge et qu'il puisse au moins essayer de comprendre ce qui lui arrivait. Si un jour, je le retrouve, je lui ferai comprendre qu'il ne symbolise rien pour moi.


 

Francis Bacon


Partager cet article

Repost 0
Published by Julie - dans Sylvie GERMAIN
commenter cet article

commentaires

Accueil

Ce blog est un espace de lecture, d'écriture, de création,
autour des romans ayant obtenu le Prix Goncourt des Lycéens ces dernières années.

Il est l'oeuvre des élèves de différentes classes de l'Académie de Rennes
engagés dans l'étude d'un roman d'aujourd'hui :

http://blogs.mollat.com/litterature/files/sylvie-germain.jpg
SYLVIE GERMAIN, Magnus
(Prix Goncourt des Lycéens 2005)



LEONORA MIANO, Contours du jour qui vient
(Prix Goncourt des Lycéens 2006)


PHILIPPE CLAUDEL,
Le rapport de Brodeck
(Prix Goncourt des Lycéens 2007)

Liens