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Sylvie GERMAIN

Samedi 13 juin 6 13 /06 /Juin 05:37
« En chacun la voix du souffleur murmure en sourdine, incognito - voix apocryphe qui peut apporter des nouvelles insoupçonnées du monde, des autres et de soi-même, pour peu qu'on tende l'oreille.

Ecrire, c'est descendre dans la fosse du souffleur pour apprendre à écouter la langue respirer là où elle se tait, entre les mots, autour des mots, parfois au coeur des mots.»

(Ouverture)



A découvrir en vidéo :
des montages de couvertures imaginaires et de lectures orales
du roman de Sylvie Germain
Magnus.

















Ce silence n'est ni pur ni paisible ,

une rumeur y chuchote tout bas

[ ... ]
un vent de voix ,
une polyphonie de souffles
.


link

[Cf  la fin du livre quand Magnus se retrouve avec Frère Jean dans la forêt

et qu'il doit entendre le son d' une feuille qui tombe au sol ... Le silence . ]


(Laura)


Par Immédiatement Contemporain - Publié dans : Sylvie GERMAIN
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Mercredi 10 juin 3 10 /06 /Juin 10:55
« Il ne fuit plus,
il part au-devant de son nom
qui toujours le précède »

(Fragment 29)














pour découvrir un diaporama
autour de la reconstruction
dans le roman Magnus de Sylvie Germain

avec des contributions de
Fanny, Juliette, Constance, Méline,
Logan, Charlotte, Youna, Denis,
Rachelle, Justine, Zoé, Louise,
Marianne, Sophie, Marie, Claire,
Marion, Boris, Julia, Paul,
Mathilde, Antoine, Schubert, Yannick,
Juan Rulfo, Lucie, Sandrine, Marine,
Jim Morrisson, Damien Rice, Morgane, Emmanuel,
Cécile, Avril, Dietrich Bonhoeffer, Fiona,
Laura, Saint-John Perse

...




Thésée et le Minotaure dans le Labyrinthe

 

 




"Ici commence l'histoire d'un homme qui ..."




Fulguration de Laura

Par Immédiatement Contemporain - Publié dans : Sylvie GERMAIN
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Dimanche 7 juin 7 07 /06 /Juin 11:26

 

 

 

"Juste ce souffle montant avec lenteur, avec ampleur, des profondeurs du corps concentré à l'extrême non sur lui-même, mais sur l'oubli de soi - sur une excavation, un évidement de soi. Et ce souffle s'affine, il s'allège, il est doux et pénétrant comme le son d'un hautbois. Un soupir de lumière s'échappant de l'obscurité, un sourire vocal tintant discrètement dans l'air. une exhalaison de silence."



SYLVIE GERMAIN, Magnus, Fragment 0, Folio Gallimard, p.254-257

 

 

 

 

 




pour accéder à un diaporama
autour d'un extrait du roman de Sylvie Germain

sur l'initiation de Magnus par Frère Jean


avec la participation de

Julia, Youna, Margot, Corentin,
Marion, la Bible, Giotto, Soulages,
J. Chevalier et A Gheerbrant, Célia Ricard,
Nolwenn, Klimt, Baudelaire,
José de Ribeira, Philippe de Champaigne,
Laura, Depeche Mode, Anaelle,
Méline, Fiona
...




Couverture imaginaire de Nolwenn




La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles ;

L'homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l'observent avec des regards familiers.


 

CHARLES BAUDELAIRE

Correspondances – Les Fleurs du Mal  (1857)




La rencontre d'Elie et de Dieu 1ère partie



La rencontre d'Elie et de Dieu 2ème partie





La plénitude se serait suicidée dans une giboulée de rêve.






Depeche Mode - Enjoy the silence

Par Immédiatement Contemporain - Publié dans : Sylvie GERMAIN
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Mercredi 3 juin 3 03 /06 /Juin 10:40

« Une esquisse de portrait, un récit en désordre, ponctué de blancs, de trous, scandé d’échos, et à la fin s'effrangeant. » (Ouverture)













pour découvrir un diaporama
autour de la déconstruction
dans le roman Magnus de Sylvie Germain

avec des productions de
Lucie, Adriana, Emmanuel,
Rachelle, Logan, Claire,
Sandrine, Justine, Pauline,
Fanny, Baptiste, Julien,
Anaelle, Lisa, Florian,
Clara, Yu, Thibaut

...




Des milliers d'images,

un grand vide.

Il est inconnu à lui même.

Le doute se déplie,

s'étend à tout son être,

le ronge.


Réécriture par Adriana


Par Immédiatement Contemporain - Publié dans : Sylvie GERMAIN
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Dimanche 31 mai 7 31 /05 /Mai 00:40
 


Fragments enfantins.


Bonheur maquillé de noir ensanglanté.


"Une douceur qui pue la mort."

Mémoire incendiée.

Danser avec la mort.


L'inconnue maternelle.

May.

Des voix.




La polyphonie fantomèsque.

Recommencement mortuaire.
Par Claire - Publié dans : Sylvie GERMAIN
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Samedi 30 mai 6 30 /05 /Mai 07:32


Pedro, est un chien de petite taille, au doux pelage, marron, noir et blanc légèrement encrassé sur le ventre. Le marron est étrangement symétrique sur la tête. Il dégage une odeur de chair.
 Ses oreilles sont molles et cousues au niveau des tempes. Elles sont marrons auburnes et leurs bouts sont arqués de noir. Elles sont intactes. Ses pattes sont moelleuses et remplies de petites billes chinoises. Celle de gauche a un léger trou qui laisse parfois s'échapper quelques billes transparentes. Sa queue est moitié blanche et moitié marron. Elle tombe toujours du côté gauche. Son gros museau est constitué d'un ovale de cuir qui lui donne un aspect brillant, humide. Ses yeux sont uniques, imenses et monstrueux qui lui donnent un regard fatigué avec les paupières à demi fermées. Il porte un message d'amour sur son ventre. L'encre du crayon s'est effacé et on devine mal ce qui est écrit. Elle a d'ailleurs sali son ventre désormais noirâtre.




MARIE

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Bob est une éponge de taille moyenne, à la texture douce, jaune vif, légèrement entaillée sur le haut de la tête. Il émane de lui une forte odeur de renfermé.
Ses vêtements ont été confectionnés dans une usine textile, taillés dans des étoffes chinoises. Des mains d'une Taiwanaise, ils ont été cousus avec une rapidité à la chaîne. Sa cravate rouge en velours reflète une certaine classe sur son torse épongeux. Son short noir arbore sur son bassin une envie de croire dans la régularité de son mode de vie. On s'attend à trouver un beau chapeau sur le haut de son crâne, pour clore sa tenue. Des lunettes carrées noires lui trônent sur le nez, quelques tâches rousses pixellisent ses pommettes.
Bob ne se déplace jamais sans son paté au crabe, spécialité du chef cuisinier de Bikini-Bottom, son lieu de résidence.




Mon Bob L'éponge est comme ça... Pas le vrai O.o


*


CHARLOTTE

Par Marie - Charlotte - Publié dans : Sylvie GERMAIN
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Vendredi 29 mai 5 29 /05 /Mai 01:56



 

 

"Il entend le mugissement d'un orgue colossal, d'assourdissants coups de cymbales, le vrombissement de millions de tambours. Un orchestre fou joue dans le ciel, il joue avec des instruments d'acier, de feu. Son tumulte s'engouffre jusque dessous la terre, qui tremble et hurle. (...)


Il la regarde, la regarde se consumer, se calciner. Il la regarde, yeux grands ouverts, s'effacer de sa vue, s'effacer de sa vie. Yeux grands ouverts, grands aveugles, il la regarde, la regarde..."



SYLVIE GERMAIN, Magnus, Folio Gallimard, p.88-90

 

 

 

 

 




pour accéder à un diaporama
autour d'un extrait du roman de Sylvie Germain
sur les "visions sonores" de Magnus à Comala.

avec la participation de
Munch, Dix, Picasso, Pollock,
Avril, Claire, Coppola,
Rimbaud, Sebald, la Bible,
Drolling, Pasolini, Fiona
...





PICASSO - Guernica (1937)





JACKSON POLLOCK - Number 8 (1952)




FRANCIS FORD COPPOLA - Apocalypse Now (1979)






PIER PAOLO PASOLINI - Oedipe Roi (1967)




BARBARE

Bien après les jours et les saisons, et les êtres et les pays,
Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques ; (elles n'existent pas.)
Remis des vieilles fanfares d'héroïsme - qui nous attaquent encore le cœur et la tête - loin des anciens assassins -
Oh ! Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques ; (elles n'existent pas.)
Douceurs !
Les brasiers, pleuvant aux rafales de givre, - Douceurs ! - les feux à la pluie du vent de diamants jetée par le cœur terrestre éternellement carbonisé pour nous.
- O monde ! -
(Loin des vieilles retraites et des vieilles flammes, qu'on entend, qu'on sent,)
Les brasiers et les écumes. La musique, virement des gouffres et choc des glaçons aux astres.
O Douceurs, ô monde, ô musique ! Et là, les formes, les sueurs, les chevelures et les yeux, flottant. Et les larmes blanches, bouillantes, - ô douceurs ! - et la voix féminine arrivée au fond des volcans et des grottes arctiques.
Le pavillon...



ARTHUR RIMBAUD - Illuminations (1886)





Par Immédiatement Contemporain - Publié dans : Sylvie GERMAIN
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Jeudi 28 mai 4 28 /05 /Mai 03:44



 


"Il porte enroulé autour du cou un carré de coton
brodé à son nom en grosses lettres bariolées.
M grenat, A rose, G violet, N orange, U bleu nuit et S jaune safran.
Mais ces lettres ont perdu de leur éclat,
les fils sont encrassés et le coton a jauni."

SYLVIE GERMAIN, Magnus, Folio Gallimard, p. 18






pour accéder à un diaporama
autour d'un extrait du roman de Sylvie Germain
sur l'ourson Magnus.

avec la participation de
Balzac, Ponge, Marine,
Anne, Solenne, Charlotte,
Robin, Winnicott, Pauline,
Baudelaire,
Rimbaud, Fabio, Cristiana,
Domenici, Eleonora, Munch, Fiona
...


Pauline - Couverture imaginaire du roman







MUNCH - Le cri (1893)

Par Collectif - Brest - Publié dans : Sylvie GERMAIN
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Mercredi 27 mai 3 27 /05 /Mai 01:03

... cette terrifiante situation d'autodestruction consentante l'inspira d'une triste ironie et elle lui donna Tango à écouter, elle lui donna leur relation devenue douleur à écouter, cela acheva son coeur et son corps, mais laissant son âme encore plus déterminée dans sa quête du Destin .

 

Notule

Mes larmes coulent à la plaine
Tant leur amour est grand
Certains disent que parfois
Les larmes coulent du sang

C'est le mien, mon amour
Et c'est pour toi qu'il coule
Qu'il coulera toujours
Dans mes yeux des torrents

Parfois, tu verras lune
Eclairer les baisers
De celui que tu aimes
Que tu croiras aimer

Il sera dans tes bras
Et moi, je serai là
Comme un loup blessé
Qui ne peut plus se battre
Mais se bat encore

Car l'amour, c'est la mort
Et t'aimer, c'est saigner
Saigner de tout son corps
Oui, l'amour c'est la mort
Oui, l'amour c'est la mort
Et toi, ça te fait rire
De voir qu'il n'en est qu'un
Qui pourra s'en sortir

Mon sang dans la rivière
Dis, sais-tu où va-t-il ?
Il se perdra sans doute
Dans de tristes estuaires

Dans ma triste complainte
J'imagine soudain
Que tu passes par là
Que tu me prends la main

Pour danser sous la lune
En souvenir du temps
Où nous étions enfants
Où nous étions nous-mêmes

Mais il n'y a que moi
Que moi et mes sanglots
Et la lune est la seule
A danser le tango

Car l'amour, c'est la mort
Et t'aimer, c'est saigner
Saigner de tout son corps
Oui, l'amour c'est la mort
Et toi, ça te fait rire
Comme un empereur triste
Qui voyant son empire
Se dit qu'il n'a plus rien
Plus rien à conquérir

Tu sais, j'ai fait le deuil
De nous deux et de toi
Mais si nous deux c'est mort
Alors c'est mort pour moi

Dans ma main, ce couteau
Cette entaille au poignet
Ressemble à ton sourire
Qui me dit qu'il faut partir

Je ne sens plus mon être
Et la douleur s'en va
Adieu, mon assassine
Adieu, pauvre de moi

Je danse avec l'amour
Je danse avec la mort
Et je crie à la nuit
S'il te plaît, reviens-moi

Et je danse mon amour
Et je chante à la mort
Cette chanson d'amour
Cette chanson pour toi

Cette chanson pour toi

 

 Tango de Damien Saez


 

 

Par Logan - Publié dans : Sylvie GERMAIN
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Mardi 26 mai 2 26 /05 /Mai 00:59

 

NOTULES



Lu est un ourson de petite taille , au pelage doux, plutôt roux, aux reflets dorés par endroits.


 

Il en ressort une légère odeur de gingembre. Ses oreilles ont été confectionnées en deux petits ronds de laine rouge. De la cerise, ils ont  la teinte rougeâtre, acide et vif. L'une est intacte, l'autre à moitié grignotée de ma bouche. Ses pattes sont garnies de cette même laine. Son museau est un petit bout de plastique noir. Il lui manque un œil , l'autre est une petite bille bleue. Il a dans son ventre une entaille, et quand on met la main dedans , on y trouve un petit pendentif en or , avec gravée Lu , en lettres manuscrites...

 

 

 

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Arthur est un ourson de grande taille, au pelage assez épais, noir légèrement scintillant par endroits. Il émane de lui une discrète sensation de chaleur.

     Ses pattes, ont été confectionnées dans une perfection pour ses coutures souples où l'on a soigneusement rattaché ces deux rondelles à ses extrémités. De la laine, elles ont la pâleur beigeâtre, l'aspect doux et reposant. L'une est intacte, l'autre à moitié effilochée avec l'usure. Un ovale taillé dans le même morceau de laine forme un museau placé sur son visage. Le bout de ce museau, est constitué de brins de tissu noir cousus serré, en forme de boule.

Ses yeux sont globuleux, ils ont une forme commode mais la teinte brun rougeâtre d'une châtaigne, ce qui lui donne un regard fou et étonné.

         Il porte enroulé autour du coup un nœud roussi en forme ruban à cadeau.


 

 

Source - image

 

 

Par Solenne - Publié dans : Sylvie GERMAIN
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Lundi 25 mai 1 25 /05 /Mai 00:51



***

| Et les nuages parfois recouvrant tout, cela n'a plus d'importance, ce nom s'est écrit sur la peau de son coeur . |

*** 

 

 

MARIANNE

 

 

 

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 Un après-midi  livide ,

Ce qu'ils partagent ,

concentré à l'extrême ,

Dans la boîte en carton

de paille

 

MELINE

 


 

 

 

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Une fée, un sorcière, un tronc d'arbre, un ange foudroyé ?

peu importe, les yeux grands ouverts

nous creusons une tombe dans les airs...


JUSTINE

 

 


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Des milliers d'images,
un grand vide.
Il est inconnu à lui même.
Le doute se déplie,
s'étend à tout son être,
le ronge.

 

ADRIANA

 


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La plénitude se serait suicidée dans une giboulée de rêve.



























Les sons ont laissé un semblant de délivrance au fond de sa poche.





La bêtise humaine tressaille, anxieuse, dans du formol.



JULIA


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 Le coeur nocturne a respecté la valse voisine au ras du ciel


SANDRINE





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Souvenir d'un rêve noir ... Encombré de métal .


MARIANNE



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Quand tout a été en ordre, il a fait pire que laisser l'amour s'écoeurer à genoux dans la poussière impalpable.

 

MARIE


Par Collectif Brest - Publié dans : Sylvie GERMAIN
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Dimanche 24 mai 7 24 /05 /Mai 00:44
Création de Pauline



 

Mon objet préféré du livre est un personnage muet et immobile dans sa condition de peluche humanisée. C’est « un ourson de taille moyenne, au pelage assez râpé, marron clair légèrement orangé par endroits. Il émane de lui une discrète odeur de roussi. »


« M grenat, A rose, G violet, N orange, U bleu nuit et S jaune safran. »

 Magnus, qu’il s’appelle, ce personnage chosifié.



Au fil des pages, il est toujours présent sans être là, fantôme récurrent entre les lignes, dont on a l’impression que ses yeux de « renoncules dorées » nous suivent au fil de la lecture. Témoin de l’histoire de son propriétaire, dont Magnus est la clé : dès le commencement de sa vie, ne lui avait-il pas dit, par son odeur de roussi, avant même que le personnage principal ne se questionne sur ces origines, que tous les deux venaient d’une petite ville bombardée en Enfer par l’Homme et sa folie ?


Il est le seul lien et repère fixe pour ce personnage « à la mémoire lacunaire, longtemps plombée de mensonges puis gauchie par le temps, hantée d’incertitudes ».


Mais aussi son reflet, miroir miniature et muet de sa vie, du début à la fin.


Petit bonhomme et petit nounours furent les témoins aveuglés par la démence de l’Homme.
Dont petit bonhomme oublia ces images et ses parents, dont petit nounours conserva pour lui les traces : boucles d’oreilles en « corolle de renoncules » pour la mère et « Magnus » brodé sur le foulard pour peut-être le nom du père.
« Ce fragile peut-être lui tien(dra) lieu de filiation ».
Puis ils restèrent ensembles, le personnage principal et la « pouillerie de Magnus », par les parents imposteurs.
Puis quand la déchéance arriva, la fausse mère mit ses boucles d’oreilles à la place des yeux-bijoux de l’ourson, comme elle l’a fait pour l’enfant, en lui brodant mensongèrement son histoire.
Ce dernier banda ensuite les yeux de l’ourson au moment où lui ne voulait pas voir la vérité ; quand celle-ci s’imposa d’elle-même, les yeux de diamants tachèrent le bandeau : comme des larmes, celle de l’amère réalité qui percuta le personnage principal.
Cette vérité fut trop dure, et il arracha les faux yeux, comme il jeta dans l’oubli ses faux parents terribles.
Et ce personnage aux multiples noms vaporeux prit alors l’identité de la peluche : « qui exige de se faire appeler dorénavant Magnus ». Puis l’ourson vieillit, comme le personnage, toujours présent néanmoins dans ses tribulations, ses nombreux voyages, ses multiples recherches.
Où le personnage deviendra carrément un ours qui « hiberne longtemps », pendant « plusieurs saisons ». Enfin, le doudou tout vieux sera libéré dans un ruisseau du Trinquelin comme le personnage sera libéré de lui-même, de son passé, de son futur.


Voilà, c’est Magnus l’ourson que je préfère.

Mais qui ne serait pas attendri par un nounours pelucheux au

« regard doux et éberlué »
?

 

 


Par Fiona - Publié dans : Sylvie GERMAIN
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Dimanche 24 mai 7 24 /05 /Mai 00:00
Notule


   Magnus est un ourson de taille moyenne, au pelage assez râpé, marron clair légèrement orangé par endroits. Il émane de lui une discrète odeur de roussi.
   Ses oreilles ont été confectionnées dans un morceau de cuir souple où l'on a découpé deux larges rondelles. De la châtaigne, elles ont la teinte brune rougeâtre, l'aspect lisse et luisant. L'une est intacte, l'autre à moitié grignotée par une brûlure. Un ovale taillé dans le même morceau de cuir orne l'extrémité de chacune de ses pattes. Son museau est constitué de brins de laine noire cousus serré, en forme de boule.
   Ses yeux sont singuliers, ils ont la forme et le doré luisant de la corolle de renoncules, ce qui lui donne un regard doux et éberlué.
   Il porte enroulé autour du cou un carré de coton brodé à son nom en grosse letres bariolées. M grenat, A rose, G violet, N orange, U bleu nuit et S jaune safran. Mais ces lettres ont perdu de leur éclat, les fils sont encrassés et le coton a jauni.




J'ai beaucoup aimé cette notule car ici, Sylvie Germain réalise une magnifique description de ce petit être qu'est Magnus. Elle prend vraiment soin de décrire avec amour un bête morceau de coton recouvert de tissus et de cuir.
Ce passage a un côté très enchanteur car il nous fait retomber en enfance avec la description de nos compagnons en peluche, mais il a également un côté poétique, l'art de poétiser un objet banal, comme le fait si bien Francis Ponge ...
Par Marine - Publié dans : Sylvie GERMAIN
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Samedi 23 mai 6 23 /05 /Mai 00:37


Source image

 

 

 

 


Mon personnage préféré est le moinillon de la fin du livre,

celui qui va apporter la paix au personnage principal.


« Frère Jean »,

« vieille femme »,

« homme enchanté »,

« vieux fouineur »,

« encombrant dévot de la Vierge »,

« moine clownesque »,

« vieux gamin en fuite perpétuelle »,

« Blaise Mauperthuis », comme vous voulez.


J’adore l’apparence et le caractère du personnage,

que Magnus d’ailleurs prendra d’abord pour une vieille dame,

mais qui est en fait un vieux monsieur,

et finalement, un paradoxe sur pattes : confère l’oxymore

« très vieux nourrisson ».


Vieux bonhomme enjoué, petit et menu, « loufoque et loquace », au « visage fripé et certainement édenté », s’occupant de « ruches à l’ancienne » plantées au milieu d’une clairière où sifflent et chantent les arbres, au chapeau de paille d‘où sortent en manèges et ritournelles bourdonnants des abeilles apprivoisées, robe élimée « de bure terreuse », d’une démarche « leste » malgré son grand âge, aussi alerte qu’un enfant et qui « s’en va en trottinant, un grésil doré tournoyant autour de son chapeau ».



Et qui a inventé "NOTRE DAME DU VIDE".



« Un farfadet qui court les bois en jouant avec les abeilles,

et qui folâtre avec des mots enluminés

comme les pages d’un antique missel ».

 


Par Fiona - Publié dans : Sylvie GERMAIN
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Vendredi 22 mai 5 22 /05 /Mai 10:34

P
ages
42 - 43


A travers ces pages, Sylvie Germain nous raconte et nous décrit un merveilleux passage d'arc-en-ciel frémissant : l'enfant Franz-Georg ressent une sensation à la fois douce et pimentée, intense, lorsqu'il aperçoit une irruption de couleurs.


Ce passage était mon préféré. J'ai été frappée par tous les détails décrivant ce que ressent l'enfant. Des détails si justes et si précis. L'idée même d'imaginer un enfant connaître cette sensation grâce à un éclatant flot coloré m'a fasciné. Les mots que l'auteur a choisis me donnent l 'impression d'une douce irruption. La structure, le tempo, la musique du lexique... L'écriture toute entière me paraissait semblable à la sensation qu'éprouve le futur Magnus.

D'ailleurs, cette étonnante anecdote m'a fait penser à un dessin réalisé par Yellow-Pig :

Une jeune femme aux " couleurs intenses et stridentes ", entourée de petits papillons colorés me rappelant les robes de Peggy Bell et elle-même, la reine des rêves adolescents de Magnus.




"Ces coulées de couleurs cinglantes qui le jettent dans un trouble qu'il redoute autant qu'il espère."


Blog de Yellow-Pig, que je vous conseille asbolument (:
Par Claire - Publié dans : Sylvie GERMAIN
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