Catherine Cusset, dans son roman Un brillant avenir , nous dessine le portrait d’Elena. Une jeune femme née en Bessarabie dans les années 1930,
qui consacre sa vie à la conquête du bonheur. Après avoir reçu un diplôme d’ingénieur en physique nucléaire et s’être mariée à un jeune juif, malgré les réticences de sa famille, Elena ne rêve
plus que de liberté. L’histoire se déroule des années 40 jusqu’à aujourd’hui. Bien que l’ordre chronologique ne soit pas respecté, le lecteur n’est jamais perdu. Au contraire, il se laisse
promener dans un virtuose puzzle. Il voyage entre la Roumanie de Ceausescu, l’Israël qui est la terre promise de Jacob son mari, la France mais aussi et surtout les Etats-Unis, son eldorado. Dans
cette bousculade des époques, le suspense est permanent. On dispose du début et de la fin. On veut avancer pour pouvoir rassembler les bouts du puzzle.
Un brillant avenir,est celui qu’Elena, devenue Helen en obtenant à quarante ans
la nationalité américaine, veut offrir à son fils, Alexandru, après ses études à Harvard. Mais c’est sans compter sur l’arrivée de Marie, la fiancée française, à laquelle Helen voue, de prime
abord, une haine sans limites. Puisque pour elle, Marie représente cette France « fermée et élitiste ». De plus, elle craint que la jeune femme emmène son fils de l’autre côté de
l’Atlantique et brise ce brillant avenir, ce qui est pour Helen et Jacob impensable, après tous les sacrifices qu’ils ont faits : la fuite de la tyrannie, les angoisses de la
guerre, les persécutions antisémites, la dureté de l’exil et enfin la jouissance de la liberté. Petit à petit, Helen et Marie s’apprivoisent, se comprennent et se surprennent à se trouver des
points communs ; à commencer par leur amour pour Alexandru. L’auteur restitue ici avec brio cette danse qu’est le trio mère, fils, belle-fille. Au-delà du conflit entre la mère trop
protectrice et la belle fille indomptable, c’est une submersion dans la volonté absolue d’être soi, de se rester fidèle, de se forger une identité qui ne craint aucune frontière.
Avec cette écriture simplifiée, l’auteur mène d’une main de maître le bouleversant destin de cette femme dont la vie devient de
plus en plus dense à chaque épreuve traversée. On s’attache à Helen, elle qui est pourtant possessive, impérieuse et qui ne recule devant rien pour ce qu’elle croit être le bonheur de son fils
unique. De ce roman, éclosent de superbes portraits de femmes. Elena-Helen, Marie (et aussi, Camille, la petite-fille), la grand-mère d’Elena, et la « fausse-vraie » mère, qu’Elena ne
voudra plus jamais revoir.
Au final, pour sans doute, ne pas mourir de chagrin et faire face à la déchéance de Jacob, Elena se ment à elle-même. Elle
s’invente des fatigues, pour fuir la réalité, se brûle des cigarettes pour enfumer un peu plus ses journées, se ferme sur elle-même pour oublier un peu les autres, ceux qu’elle redoute tant… Mais
laisse, malgré tout son cœur s’épancher à la chaleur que lui apporte sa petite-fille. Ce roman, d’une extrême beauté, particulièrement vif et mélancolique puise sa force et sa singularité non
dans la parole et la vérité mais dans le silence, presque à la lisière du mensonge et de la solitude. Quand le livre est terminé, Elena a laissé son empreinte dans votre
univers.
Nous voilà donc partis en direction de Rennes pour la 21ème rencontre du prix Goncourt des lycéens.
Pendant deux jours, nous allons pouvoir rencontrer des auteurs, des éditeurs et autres critiques littéraires. 14 classes du Grand Ouest ont ainsi fait le déplacement pour l'occasion.
La journée a débuté par le visionnage de courts-métrages pour certains, et par la
préparation de questions destinées aux divers auteurs présents pour d'autres. Se sont pliés au jeu des questions au cours de ce premier jour des auteurs comme Del Amo ou Alain Joubert.
Cette journée fut également marquée par la rencontre avec un éditeur de chez Gallimard qui nous a présenté son métier mais aussi et surtout par la
victoire de Marie au concours des critiques littéraires. Son "puzzle virtuose", critique de l'oeuvre de Catherine Cusset, Un brillant avenir lui a
permis de rencontrer l'auteur en tête à tête. Marie a ainsi enchaîné au cours de la journée interviews télé, séances photos...
Une journée riche en émotions, qui s'est poursuivie par une soirée détente à la patinoire mais qui s'est
plutôt mal terminée pour certaines personnes, qui en ont vu de toutes les couleurs (enfin, surtout du blanc, mais de trop près, à leur goût !... ^^ )
Souvenez-vous ce vendredi 12 septembre 2008, il y a plus de 2 mois déjà, lorsque tout a commencé : je vous avais promis l'aventure et des découvertes, et je crois pouvoir dire aujourd'hui que je
ne m'étais pas trompé !..
Le tout est de s'entendre sur ce qu'est une aventure, et plus particulièrement l'aventure de la lecture : car on peut être à la recherche d'un trésor antique, et se retrouver avec un goût de
cendre dans la bouche. Ce fut le cas, faut-il croire, des téméraires qui lirent Une nuit à Pompéi, qu'ils jugèrent un peu trop volcanique à leur goût ; pourtant, on ne tombe pas
forcément sur des ruines, semble-t-il, quand on passe une nuit à Pompéi ...
D'autres, pensant y trouver la voix du Prince, à défaut de la voie royale, ont voulu se laisser bercer par Le rêve de Machiavel. Mais celui-ci, hélas, tourna assez vite au cauchemar
!...
Pour d'autres encore, le Goncourt Lycéen fut vécu comme un Jour de Souffrance, je l'ai bien remarqué. C'est oublier qu'un jour de souffrance, comme l'indique Catherine Millet, c'est une
fenêtre ouverte sur l'extérieur. Or qui veut vraiment vivre l'aventure ne doit pas s'attendre à ce que le trésor vienne tout seul à lui ; sans quoi ce serait un bien triste trésor. Dans la quête
au trésor, c'est avant tout la quête qui compte. Pour bien savourer l'aventure, il faut donner de soi, et trouver la bonne démarche, pour mieux se délecter du paysage.
L'aventure, en somme, c'est toute une éducation. Une éducation libertine, même, parfois, qui n'aura peut-être pas trop été du goût des lecteurs du Lycée Loth, mais cela n'aura pas été le
cas ailleurs. C'est pourquoi les échanges et le partage des points de vue permettent encore d'étendre l'aventure à des horizons inconnus jusque-là.
Pour certains, l'aventure mène aussi à la méditation et au silence de Mahomet, qui s'est montré à nous sous de multiples formes, en fonction des regards que d'autres auront portés sur
lui, pour mieux nous le dévoiler.
D'autres auraient bien dévoré les 15 livres de la sélection et se voyaient déjà beaux comme Un chasseur de lion ; pourtant, il leur a bien fallu admettre que le sieur Pertuiset, ils ne
pouvaient plus le voir en peinture, et qu'ils ont eu du mal à l'encadrer.
Mais d'autres encore se sont pris au jeu de la lecture, et sont tombés sous sa fascination, et même sa Domination.
Je n'allais pas leur jeter la pierre, à ceux qui s'armèrent de patience, et qui auront compris, en cours de route, qu'un livre peut ressembler à une Syngué Sabour : il peut se faire
complice, confident des émotions les plus intimes et que lire ne consiste pas simplement à déchiffrer des mots, mais surtout à défricher son âme (qui n'est jamais ni toute noire, ni toute blanche
; rappelez-vous !....)
Vous l'aurez compris, une telle aventure n'est pas de tout repos. On croyait pouvoir faire La traversée du Mozambique par temps calme, finalement, on aura eu droit à l'élaboration d'un
dossier, qui a demandé des recherches, une rencontre avec les lecteurs adultes de la Bibliothèque Municipale, qui aura été préparé avec ardeur, mais appréhension aussi (mais quel bon entraînement
pour l'oral de bac !...) et la rédaction d'une critique littéraire. De tout ce travail, certains en sont sortis le corps fourbu, et Qui touche à mon corps, je le tue.
Mais tout cela n'aura pas été fait en vain : ce qui fait la valeur d'une telle aventure, au-delà du Prix Littéraire, c'est surtout le prix de l'effort qu'on lui consacre. Comme le dit le
proverbe, il faut souffrir pour être beau. Mais n'est-ce pas à ce prix qu'est La beauté du monde ?
Vous me direz, oui, mais il faut du temps (parfois toute une vie) pour trouver tout cela, pour franchir tous les obstacles, malgré nos handicaps. Et entre temps, on se demande bien Où on va
papa ?
Je vous répondrai, que l'on va vers la Terre Promise. Celle des trois heureux élus. Et que même si, pendant quelques moments de fatigue, on croit l'avoir perdue, il ne faut jamais oublier que
pourtant C'était notre terre.
Et que ce lieu béni, que chacun espère malgré les difficultés, même s'il faut pour cela franchir 750 pages, écrites en petits caractères de surcroît, ce monde presque idéal, c'est Là où les
tigres sont chez eux.
Et ce n'est pas fini. Puisqu'il reste le meilleur pour la fin. Ces rencontre des 11 et 12 décembre, où vous pourrez aborder celles et ceux qui vous ont fait rêver, pester, méditer, réfléchir,
rire ou pleurer.
Qu'y aura-t-il, au bout du chemin, au bout de l'aventure, au bout de vos vies lycéennes ? A quoi êtes-vous promis, par la suite ?
Qui peut le savoir ? L'aventure ne finit jamais tout à fait. Même si l'on en termine une, il s'agit d'en reprendre une autre, de poursuivre et d'agir pour ne pas simplement rêver sa vie, mais
bien vivre son rêve.
Ce que je sais donc, c'est qu'au bout de notre chemin, se trouve Un brillant avenir et que je ne peux rien vous souhaiter de mieux.
Je vous souhaite donc à toutes et à tous, d'aller à la recherche de votre trésor, de payer le prix de l'effort qui s'impose pour cela, et de découvrir ce qui vous satisfera le mieux.
Vive l'aventure.
Et vive la lecture !
Merci
Au restaurant scolaire et en présence de tout nos partenaires. Un moment inoubliable de convivialité et de chaleureux sourires,
après bien des efforts entrepris (mais jamais en vain … cela méritait bien une juste récompense !...
Bonjour à tous ! Je suis de retour par ce temps froid et hivernal pour vous conter notre grande aventure du mercredi 26 Novembre 2008. Il est 13h30, et le petit groupe que nous sommes est au
rendez-vous. Comme prévu, Jeanne, Marion, Yoan, Ronan et moi-même attendons Mr Urnauer à la grille bleue du lycée Joseph Loth. Pour passer le temps, nous discutons du programme de l’après-midi.
En effet il promet d’être riche en émotions. Mr Urnauer nous a proposé de participer à une émission de radio à RBG ( pour les intimes ) ou plutôt Radio Bro Gwened. Nous avons pour mission de
parler des livres les plus primés de la sélection Goncourt 2008 par la 1èS2. En tant que représentants de nos camarades, la tâche est dure mais pas impossible. Nous attendons donc lorsque soudain
une voiture grise attire notre attention et … voilà Mr Urnauer qui arrive avec le sourire aux lèvres. Sourire qu’il garde jusqu’à ce qu’il se mette à réaliser que nous sommes 5 élèves. Hum… après
30 secondes d’intense réflexion une conclusion s’impose : on va se serrer ! Les sacs mis dans le coffre, Ronan prend place à l’avant tandis que Yoan, Jeanne, Marion et moi entrons avec difficulté
à l’arrière de la voiture. Je me retrouve vite coincée en sandwich entre mes amis et … la portière de la voiture. Eclat de rire général, une photo s’impose.
Une fois la photo prise, notre professeur s’installe avec aisance au volant ( tandis que toujours coincés à l’arrière, nous peinons pour réussir à respirer ) et démarre le véhicule. 5 minutes et
bien des virages plus tard, nous sommes ENFIN arrivés ( sains et saufs : qui l’eut cru ? ). La descente de la banquette arrière se fait beaucoup plus vite que la montée. Là, Mr Urnauer nous guide
jusqu’à l’entrée VIP ( C’est vrai qu’il faut quand même un badge super sophistiqué pour y entrer ). On nous guide parmi les couloirs et les nombreuses pièces que comporte RBG puis on découvre
enfin la fameuse salle d’enregistrement. Petite minute symbolique, après quoi je remarque que nous ne sommes pas les seuls invités conviés. Avec nous se trouvent aussi Mme Cadic accompagnée de 3
lectrices de la bibliothèque municipale de Pontivy ( de leurs prénoms : deux Monique et Marie-Madeleine ) ainsi que la célèbre Mme Le Villio ( toujours là quand il faut ). On passe derrière un
grand rideau rouge puis on s’installe autour d’une table hexagonale. Je me retrouve assise à la gauche de Mr Urnauer qui dès le début s’empresse de me mettre un micro sous le nez. J’aperçois
derrière moi, cachée par une immense glace, la dame de la régie. J’apprends par la suite qu’elle se nomme Cécile Goualle et que c’est grâce à elle que nos petites bourdes ne passent pas à
l’antenne.
Il est un peu plus de 14h, l’émission doit démarrer. Mr Urnauer prend la parole et décrit aux auditeurs le thème de l’émission d’aujourd’hui. Il passe le relais à Mme Le Villio qui nous
présente le 1er livre ; celui primé par les lycéen : Un brillant avenir de Catherine Cusset. Les commentaires et les avis fusent, et les livres s’enchaînent. Le stress ressenti au début disparaît
au fur et à mesure. Yoan fait preuve d’une étonnante sensibilité tandis que Marion et son calme m’épatent. La parole est distribuée à tout le monde bien que Mme Le Villio et Mr Urnauer soient
assez bavards. Il est déjà presque 15h30 et je dois malheureusement m’en aller vers d’autres horizons. L’émission va se finir sans moi mais c’est quand même avec regrets que je quitte l’univers
médiatique de RBG. Mr Urnauer me glisse avant de partir un petit merci ainsi qu’une invitation à revenir dès qu’il me plaira. Sans hésiter j’acquiesce car c’est avec plaisir que je reviendrai.
Maintenant tous à vos postes de radio pour découvrir par vous-même notre fantastique expérience à la radio Bro Gwened !!
Nous voici de nouveau partis en direction de Rennes où l’on nous attend à l'hôtel
de Nemours pour prendre un pot d'arrivée entre 18h30 et 19h30, avant de prendre la route pour le restaurant « Léon Le Cochon », se situant à quelques rues seulement de l'hôtel. Mais
avant tout cela, Mr Urnauer et moi-même avons fait un crochet pour passer prendre Mme Izanic (la documentaliste) chez elle, car nous ne partions pas qu'à deux dans cette belle aventure.
Discussions animées dans la voiture sur divers sujets et principalement le cinéma, dont Mesrine et James Bond (et vous, vos avis ?...), puis arrivée à Rennes vers 19h15. On dépose Mme Izanic et
la voiture, puis c'est l'heure de prendre le métro Rennais (en véritable préambule du métro parisien comme qui dirait). Nous voici donc en peu de temps et quelques sauts de puces à l'hôtel déjà
bondé et avec une atmosphère oppressante (dans le sens où l’on est tassés comme des sardines et où l'air est vraiment irrespirable) mais tout de même bien sympathique. On retiendra la rencontre
avec les 9 Québécois vraiment très gentils et très amusants avec leur petit accent.
Rennes,
20h00
Une fois tout le monde réuni, on se dirige lentement mais sûrement vers chez
« Léon le Cochon » où nous attend un bon repas et de belles discussions - simple aparté, mais en fait il manquait encore au moins 3 délégués, mais ils nous ont quand même retrouvés
facilement. Des discussions, eh oui, parce qu'avec 2 Bretonnes, un Nîmois, 2 Parisiennes, et une Québécoise, il y en a beaucoup de la culture à partager ! Donc avec tous nos bagages d'us et
coutumes, on se met à parler d'ours polaires, de tauromachie, d'Obama, du bilinguisme, du patois nîmois, des fouilles archéologiques, de la pluie, de la neige, de la température... Bref ! De tout
et de n'importe quoi, car il y a tellement de différences entre les régions et le Québec que l'on est dans l'incapacité d'épuiser un filon de conversation, même pas un seul.
Après tant de paroles et un bon repas (un menu au choix), nous sommes quelques délégués à avoir un peu la bougeotte, donc on prévient tout le monde qu'on va voir un peu
la place de la mairie (illuminée et magnifique à 23h le soir). Impossible de faire bouger beaucoup de monde, mais au bout d'un moment, alors que nous étions bien installés sur les marches, on
voit un troupeau arrivé devant nous, et là il n'y a vraiment pas de doute, c'est presque le reste de la troupe qui est là. Ah ! Et non, pas toute, car environ quelques minutes plus tard, voici
arrivés deux délégués à la traîne, et Mrs les professeurs (enfin 5 ou 6, dont notre aimable Mr Urno, qui s'est sacrifié pour nous ce soir-là à cause d'un clochard, ou en tout cas quelqu'un de pas
vraiment net , comme vous le verrez plus tard.) Une fois la troupe au complet, on décide de se remettre en route, mais là, pas de bol! Un clochard (ou quelque chose qui y ressemble), la bouche
pleine de chicots et une démarche « je roule des mécaniques mais je n'ressemble vraiment à rien » nous accoste et commence à tourner autour de certaines de manière pas très rassurante.
On avance, mais parfait dans son rôle de pot de colle, il continue à faire l'oiseau. Mr Urnauer, pris d'un semblant de pitié pour nous, pauvres petits délégués, fait une tentative de
communication, pas vraiment fructueuse au début (car le résultat est pire), puis à la fin, finit par lui dire « Bon écoute, j'te serre la main, t'es sympa, tu veux bien partir de ce côté-ci
pendant que nous on va par- là? » Dit il en montrant le côté opposé, tout en lui serrant la main, avec un sourire obligé.
De côté pour nous: - Et vous pendant ce temps là prenez donc un peu
d'avance. »
On obéit, bien évidemment, mais en pouffant de rire quand même. Et finalement, le nouvel ami rennais de notre professeur s'en va comme il était venu. Vient ensuite une
petite visite rapide du centre de Rennes à pied puis retour à l'hôtel de Nemours pour y « dormir » -sachant que nous avions déjà prévu de passer la soirée dans une de nos chambre à
discuter (c'est-à-dire 12/13 dans une petite chambre entassés sur un lit, double certes, mais c'est faisable, ne vous en faites pas !...). Bref, petite soirée parlotte, en pyjama, pour le
fun, et attention, on joue tous le jeu, sinon c'est pas drôle. Puis vers 1h30, les derniers retournent dans leur chambre, après l'épisode où Lucie est restée coincée à la porte de sa
chambre car Lucas avait choisi de l'embêter en restant dans sa chambre. Donc Lucie a attrapé la clé de Lucas pour aller dormir dans la sienne, mais il sort en courant après elle, sans bien sûr,
prendre la clé de Lucie, donc une bonne tranche de rire avant de se coucher, tout de même, car le lendemain matin il faut être opérationnel pour travailler et délibérer.
Lucas, ayant peur de ne pas réussir à se lever demain, nous demande gentiment de
venir frapper à la porte le lendemain au cas où, on ne sait jamais ; donc Coralie, lui et moi nous donnons rendez vous à 8h devant la porte de Lucas. Après cela, je rentre dans ma chambre,
tente de lire un peu mais m'endors en écoutant mon iPod.
Mercredi 12 Novembre, Rennes 8h, hotel
de Nemours
Toujours endormie, je suis tirée de mon sommeil par une suite de coups puissants frappés à ma porte ; sautant de mon lit, tout en attrapant mes lunettes pour voir
qui cela peut-il être, je vais ouvrir en vitesse et vois Coralie me disant: « Bah alors! Qu'est ce que tu fais? On frappe depuis un moment pour que tu descendes prendre ton p'tit dej' avec
nous et toi tu réponds pas!
_ (Moi, totalement ignorante de l'heure qu'il peut bien être) Mais euh, dis moi,
quelle heure il est là?
_ Eh bien 8h! Tu te souviens qu'on doit être à la Choppe à 9h30 quand même? Et là
je reste scotché, littéralement, mon réveil n'a pas sonné et je suis vraiment en retard.
_Bon ok, je vous retrouve en bas dans 5 minutes top chrono, mais au fait, Lucas,
il s'est réveillé lui?
_D'accord, Lucas? Oui, oui, pas de problème, il est déjà prêt lui, me
répondit-elle en souriant.
Je cours dans ma chambre, prends une douche et me prépare en 5 minutes (et ça
c'est un record, bon ok, juste le strict minimum est fait, mais comme on a un peu de temps après le petit déjeuner...)
Descendant les 3 étages me séparant du restaurant, je salue au passage une partie
des gens dans l'escalier, puis arrive à l'accueil où je vois tout le monde stationner, et où on me dit qu'il n'y a pas assez de place pour manger et donc que l'on doit attendre un peu. De ce
fait, on empoigne le journal posé sur le comptoir et qui voyons nous en photo dans les pages du Ouest France de Rennes? Et bien nous tous allant au restaurant hier soir (y compris Mr Urnauer qui
a réussi à rentré dans le cadre on ne sait pas comment), accompagné d'un petit texte sympathique à propos de la délibération d'aujourd'hui. Après ce petit contre-temps, petit déjeuner plutôt
agréable et copieux, jusqu'à l'annonce que ce n'est finalement pas à 9h30, mais 9h, que nous devons être à la Choppe! Donc là tout le monde se met en branle pour aller rassembler ses affaires,
ses notes, ses livres, ainsi que pour finir de se préparer, puis redescendre l'escalier en colimaçon pour sortir de l'hôtel et attendre que tout le monde soit réuni.
9h, Rennes, La
Choppe
Arrivée à la Choppe (on commence à prendre cette habitude), puis nous allons tous nous installer dans la salle où aura lieu la délibération qui se révélera très
animée, mouvementée, parfois même un peu houleuse, car tout le monde veut vraiment défendre son beefsteak. Donc un petit briefing et on est parti pour 2h ou je ne sais plus combien exactement de
délibération. Étant donné que la table est rectangulaire et longue, la discussion n'en est pas vraiment facilitée, car étant en bout de table, il m'est impossible d'entendre ce que disent mes
collègues à l'autre bout. Et comme, bien évidemment, à chaque fois qu'on obtient du calme et que quelqu'un peut se faire entendre pour apporter un argument constructif, tout le monde veut y
répondre !... Donc on retombe directement dans un brouhaha du tonnerre, au point même que les journalistes qui se trouvent dans la salle d'à côté nous entendent. De longues discussions ont
lieu sur chaque livre que l'on a choisi de garder, on aurait été capable de parler pendant une heure pour un seul des livres, sauf du Roblès où tout le monde est en accord, mais de toute façon
nous n'avons même pas pu en parler vu qu'il ne faisait partie d'aucun tiercé régionaux. Bref, revenons à nos moutons, des discussions bien compliquées sur les pro-Del Amo, et les anti-Del Amo, et
de même pour Pluyette ; je vous laisse imaginer ce que ça peut donner. Au bout de ces interminables débats, le vote a lieu et l'on a le tiercé tout désigné, en un seul coup. Sincèrement,
c’est un vrai choc, nous n'étions d'ailleurs pas tous d'accord, mais les faits sont là et il faut bien respecter le vote. De toute façon, il n'y a aucune ambiguïté sur le lauréat, donc la machine
est définitivement arrêtée.
Vient maintenant le choix de celui qui annoncera le tiercé et le lauréat du prix (que l'on appelle président de l'assemblée des délégués, mais au final, c'est un bien
grand mot). Je ne me présente pas, et d'ailleurs tant mieux. Le verdict tombe et l'annonce du prix revient à Anne-Sophie la Québécoise. Beaucoup sont déçus, mais c'est comme
ça.
L'annonce est faite et un tourbillon de journalistes nous tombe dessus pour de
nombreuses interviews.
Puis réception à l’Hôtel de Ville de Rennes, en présence de nombreux invités prestigieux !...
Pontivy 8h
Ça y est, c'est l'heure du départ. Il est temps de rassembler toutes les notes et les arguments sur les livres, et de se diriger vers Rennes.
Rennes, 9h30
Arrivée en vitesse à Rennes, à la Chope, étonnant que je ne sois pas la dernière arrivée, mais Kévin ( Fouesnant) ne met pas bien longtemps à arriver après moi. Après quoi nous avons commencé
rapidement. Mise en jambe rapide. Une fois les dix délégués réunis, la meneuse de débat nous donne les directives pour le huis clos et l'on commence les discussions sur chacun des romans retenus
pour la présélection et la délibération ( et oui, même le rêve de Machiavel !!...) Discussions animées donc, et la pause l'est tout autant, mais en détente. Après toute cette animation et
ces discussions que l'on n'a pas faites pour rien, mais qu'on aurait pu continuer toute la journée, il est temps d'en venir au vote. On reparle encore un peu pour réussir à convaincre et persuader
chacun qu'on a la meilleure argumentation et que notre livre est le meilleur, mais il faut bien s'arrêter à un moment. Attente, vote en cours.... ... ...
Chance! 2 de nos choix sont retenus dans le tiercé régional ; il s'agit de Où on va, papa ? de Fournier et de La traversé du Mozambique par tempscalme de Pluyette.
Maintenant, vient le choix le plus difficile, celui du délégué, parce qu'au fond, on en a tous un peu envie (en même temps comment ne pas le vouloir). Seule Sterren ( Redon) ne s'est pas présentée
; c'est bien la seule qui est détendue à ce moment-là. Stress durant le vote, et jusqu'à la fin du dépouillement; et là, on n'arrive pas à y croire, on se dit que ce n'est qu'un rêve et qu'on va se
réveiller dans l'instant, alors que tout est réel, c'est vrai, mais c'est dur de réaliser que finalement on a vraiment été choisie pour partir à Rennes le mardi et mercredi 11 et 12 novembre. J'ai
donc été élue avec Natacha (Saint Brieuc) pour représenter tous mes camarades de 1s2 et tous les autres lycéens de Bretagne et Normandie !... Que demander de plus? Rien, « c'est que du bonheur »
comme dirait mon frère. Maintenant il est temps d'annoncer notre fier tiercé ( en tremblant comme une feuille devant la caméra ) aux journalistes qui nous attendent dans la salle d'à côté, pour
qu'ensuite on nous demande « vous n'étiez pas trop stressée de faire cette annonce? » et là on répond, « mais non! Pas du tout voyons, c'était très sympathique !... »
Après l'effort, le réconfort avec un bon repas autour d'une grande table dans une salle pleine de bruit et d'effervescence, en compagnie de deux journalistes très gentilles. Un superbe moyen pour
échanger nos cultures, nos goûts, nos passions, et apprendre à connaître ceux avec qui l’on a passé la matinée à débattre. Mais bien sûr, il n'y a jamais une arrivée sans un départ ; donc, voici
l'heure de rentrer en remballant notre valise d'émotions et de souvenirs inoubliables, on se dit « au revoir et à décembre! » , puis on repart pour s'atteler au travail à préparer pour la
délibération nationale.
Sur la route, coup de téléphone inattendu, c'était l'une des journalistes qui mangeait
avec nous ce midi et qui m'a en fait reconnu comme étant la fille d'une de ses amies d'enfance. Une bonne tranche de rire et on raconte tout ça en rentrant. On se reverra la semaine prochaine de
toute manière. Retour au bercail, et annonce de bonnes nouvelles. Juste Marie et Noémie, très déçues pour Un brillant avenir (mais ce n'est pas fini, et comme M. Urnauer le dit à Marie : «
Tout peut encore arriver » !... ).
Marion David
Nous voici enfin au Jour J !! Le rendez-vous à la bibliothèque de Pontivy est prévu vers 14h cependant la classe de 1èS2 est au complet au environs de 13h45. Sur le parking de
la bibliothèque se forment de petits groupes. Chacun révise ce qu'il a à dire. La tâche est dure mais pas impossible.
Voici le moment de rentrer. On s'installe tous dans la salle qui nous a été réservée. Petit moment officiel: Mr Urnauer remet en
main propre le dossier comportant tous nos travaux sur la sélection du Goncourt 2008 à la directrice de la bibliothèque municipale Pontivienne. Clac. Charline à la photographie a su saisir ce moment. La sélection primée de la 1èS2 du Lycée Loth est dévoilée: en premier Jean-Louis Fournier avec
Où on va, Papa ? vient ensuite Catherine Cusset avec Un brillant avenir et enfin Patrice Pluyette avec La Traverséedu Mozambique
par temps calme .
Mme Le Villio reprend la parole une fois les lectrices arrivées. Cette année, c'est la 20è opération du Goncourt. La liste
officielle, qui fut proclamée le 9 septembre et qui comportait alors 15 livres soit 5002 pages, se rétrécit petit à petit. " C'est un défi de lire ces 15 romans en 8 semaines " poursuit elle.
La délibération est en 2 temps. Au total : 56 classes dont 1 au Québec et 1 à Casablanca. " C'est une chance pour cette classe de 1èS2 de pouvoir participer à cet évènement. Même s'ils ne s'en
rendent pas toujours compte, je crois qu'ils commencent à saisir l'ampleur de ce challenge. " En effet, nous commençons tout juste à comprendre quelle chance nous avons. Même si le travail est
parfois dur et conséquent, le plus difficile est fait et les réjouissances sont maintenant à notre portée.
Le groupe s'occupant de La
Domination commence cette séance. Les filles sont un peu mal a l'aise, on les soutient du regard ( " Courage les filles !!
" ). Leur présentation se termine et une femme de l'assistance lève la main : son avis est mitigé ( NB: ah bon ?? pourquoi ? ) En effet celle-ci a détesté le rapport
amour/éditeur. " Je trouve que ce rapport nous met mal à l'aise " . Plusieurs femmes acquiescent. Bon ... au suivant ?
Vient ensuite La beauté du
monde de Michel Le Bris qui est un roman composé en 2 parties. Les " en fait " de Jérémy contaminent Sylvain ! Ronan est
passionné et met toute l'émotion nécessaire pour convaincre son auditoire. Le tout se déroule très bien. Là encore une femme lève la main et nous parle du prologue ( d'une centaine de
pages si je ne me trompe pas ... ). Avis favorables pour le prologue. Mme Le Villio ainsi que Mr Urnauer nous expliquent que le prologue est, en
fait, une sorte de détour de la fiction ainsi qu'une sorte d'empathie de l'auteur ( si j'ai bien tout compris ).
Qui touche à mon corps je le tuede Valentine Goby prend place. Bonne prestation de la part des filles. Sans oublier la lecture du passage qui a été faite avec brio par Maëlys ! La prestation terminée,
l'assistance prend le relais. On en retient que : " Le choix d'être quelqu'un sans en payer le prix suscite sans cesse la réflexion.
"
C’est au tour de Syngué Sabour Pierre de Patience de Atiq
Rahimi. Alors là messieurs vous m’épatez tous sans exception ! La lecture du passage cette fois est parfaite. ( Waaa Quentin tu parles vraiment bien arabe !!) Yoan et sa
conclusion ont fait effet. "Le rideau est la dernière chose
vue par cette femme ", nous dit-il. " Dessus il y a des oiseaux et je pense qu’ils symbolisent la liberté tant méritée de cette femme… ". C’est tout juste si les femmes du public ne
sortent pas leurs mouchoirs. Mme Le Villio termine en disant : " C’est le rocher de Tanios …"
Où on va Papa de Jean-Louis Fournier prend la relève. C’est le
roman le plus lu de notre classe. Nous le connaissons tous et l’avons tous apprécié mais à différents niveaux. Les filles chargées de sa présentation le décrivent comme un livre bouleversant où
l’humour noir, l’implicite et les non-dits règnent en maîtres.
"Nous finissons la séance par le roman de Patrice
Pluyette : La Traverséedu Mozambique par temps calme. Dès le début,
Adrien en fait une présentation loufoque : " Les personnages sont trèsspécialsPetit éclat de rire dans l’assemblée… Une fois la présentation terminée, une femme
prend la parole en restant dans le même état d’esprit que nos jeunes amis. " Je me suis poilée ", nous explique-t-elle. " Ca me fait beaucoup penser aux publicités pour les pages jaunes. "
Petite discussion autour de cette remarque.
Il est déjà 16h30, certains d’entre nous ont un car à prendre et la séance s’achève donc. Yoan, en partant reste avec la poignée de la porte dans la main. Heureusement la directrice de
la bibliothèque vient à son secours. Ce fut bel et bien une journée forte en émotions. Tout s’est à peu près bien passé. Quelques cafouillages sans grands dangers. Le plus dur est passé et nous
en avons conscience. Certains d’entre nous restent un peu pour ranger la salle et discuter avec les personnes qui nous ont écoutés pendant 2h. Pour ma part j’ai discuté avec une professeur
( dont j’ai malheureusement oublié le nom … ) qui nous a chaudement félicités pour notre prestation. J’ai ensuite, entre 2 biscuits et 1 verre de jus d’orange, parlé pendant un bon quart
d’heure avec une autre femme ayant lu un bon nombre des livres de la sélection Goncourt 2008. Ce fut une conversation enrichissante et très intéressante.
Je garderai un très bon souvenir de cet après-midi. Expérience inédite à
renouveler !
Ceci étant fait les amis, ne vous relâchez pas pour autant, on a toujours un roman à élire et un auteur
à primer !
Dernière ligne
droite avant LA grande prestation. On a tous un peu le trac. Certains groupes repassent afin de revoir ce qui ne va pas. On est tous au CDI, silencieux et attentifs car demain c’est le jour J. Le
groupe présentant La Traverséedu Mozambique par temps calme débute cette séance et Mme Le Villio corrige les petites erreurs linguistiques. Allant parfois jusqu'à citer la
page et la ligne pour appuyer ses arguments !! Adrien cependant ne se laisse pas faire. Il résiste, on le sent bien mais malgré tous ses efforts Mme Le Villio finit par gagner. Mr
Urnauer intervient avec un petit rire. Comme il nous dit; ce n’est pas demain la veille que quelqu'un arrivera à clouer le bec de Mme le Villio ! C'est ainsi que
commence leur petit " Battle de connaissance ". Notre professeur de français commence en disant: " Le livre me fait beaucoup penser à Indiana Jones de
par sa construction " quand Mme Le Villio poursuit en disant : " oh ben moi ça me fait plutôt penser à Proust " [silence total dans
la classe ] ... ( NB: Hum si vous le dites !! ) Leur petite conversation continue autour de Voltaire. Nous ne comprenons pas forcément tout mais nous finissons tous par rire mais surtout nous
sommes absolument bluffés par les connaissances de nos professeurs !
L’heure passe trèèèèès vite. On est tous un peu anxieux pour la suite mais Mme Le Villio et Mr Urnauer nous encouragent à poursuivre nos efforts. Le moral des troupes remonte. Courage les amis !
C’est bientôt fini. Il reste bien évidemment de nombreuses finitions. On approfondit tous nos textes, nos avis et ceux qui sont chargés de lire ne cessent de s’entraîner. Nous discutons avec
Mr Urnauer et Mme Le Villio afin de leur poser nos dernières questions. La séance s’achève malheureusement. C’est avec beaucoup d’appréhension que nous envisageons la journée de demain mais en
attendant, il faut se préparer, se reposer afin d’être prêts pour cette magnifique expérience.
Bonjour à
tous !
Me revoici ( ENFIN !!) avec tout plein de choses à vous dire !!
Alors commençons par les petits rappels :
- La critique littéraire est à rendre pour mardi au plus tard par mail à Mr Urnauer. Dedans il faudra y faire figurer un discours argumenté ET original,
ainsi qu'un titre. Il faudra que votre texte s'appuie sur le livre que vous avez lu ( bien entendu ) et surtout que vous vous mettiez dans la peau d'un ... journaliste ! Pour vous aider, allez
sur la plate-forme du Goncourt !!! Et surtout n'oubliez pas : vous devez SEDUIRE pour PERSUADER vos lecteurs !
Tous à vos plumes !!
- Tout ça pour finir par l'oral de mercredi ( qui n'est pas une chose facile à prendre à la légère. ) Veillez à bien structurer vos idées !
Bon, ben c'est pas tout, mais on s'attaque au Goncourt maintenant !
Après la séance de vendredi ( forte en émotion ) voici ce qui en est ressorti:
- On commence par Où on va, Papa, les avis ont fusé ; de nombreux commentaires controversés sur la
présentations de nos 3 amies. On arrivera quand même à dire que " J.L. Fournier se cache derrière un humour noir dans le but de se cacher
d'une pudeur et d'une vie qu'il n'a jamais révélé auparavant ". " Tout est dans l'implicite " nous explique Mr Urnauer.
- Vient ensuite Pierre de Patience, qui d'après moi a fait bonne impression sur la classe.
Alexandre est apparu sous un jour nouveau tandis que Yoan a poussé l'analyse jusqu'au bout! La lecture est bien faite mais un peu longue. Allez, Quentin, on compte sur toi pour raccourcir tout ça
!
- Qui touche à mon corps je le tue a été présenté avec brio par Maëlys qui nous en a fait un superbe
résumé. Il en ressortira que la femme de la couverture est ( pour Maëlys ) Lucie L. Ce livre est donc un roman capable de susciter la réflexion puisqu'il
aborde les thèmes de l'avortement, qui est encore aujourd'hui un sujet tabou, et de la peine
de mort, qui est toujours d'actualité aux USA (par exemple .. ). La chronologie est originale. Elle se déroule de l'aube à l'aube. Comme dit Maëlys ( encore ? ) : " On suit le flot de pensées du narrateur ". C'est le tour d'Helen qui nous parle des personnages; interessants, bien décrits et touchants. " C'est un roman simple mais pas simpliste " nous dit Marion D. Les phrases sont courtes mais claires. Les descriptions sont à la fois imagées et auditives.
Margot finit cette présentation en reparlant du thème tabou, ainsi que du fait que les personnages sont mal dans leur corps et... aaah ! Mr Urnauer l'arrête. Margot, sans le savoir, a glissé sur
LE sujet. En effet cette réflexion nous renvoie au titre du livre. Bravo Margot !! - Nous finissons cette séance par La Traverséedu Mozambique par temps calme.Dès le début, Mr Urnauer et Mme le Villio ont un éclat de rire. ( on ne comprend
d'ailleurs toujours pas pourquoi ? )Alexandre nous dit que le caractère des personnages est bien défini tandis que James nous parle des anachronismes et du
fait que : " La majorité des gens a aimé, la minorité n'a pas aimé ". Hum ... oui. Adrien reprend le flambeau et nous dévoile la fin de
l'histoire. Là, Mr Urnauer hausse les sourcils et lève les yeux au ciel. La classe, hilare, est pliée en 2. Nos professeurs en revanche ne rient pas du tout. La critique finit par tomber: il
faudrait parler de la parodie, de l'univers rocambolesque, ... bref de tout. Apparemment, le " Jet-Ski dans la neige " n'a pas plu.
Les 2h sont passées vite. On remballe nos affaires et on se prépare à passer un week-end chargé. Alors malgré tout ça ... BON WEEK-END A TOUS !!
Le Samedi 16
Octobre, Mr Urnauer, Mme Le Villio, Sylvain et moi (Ronan) nous sommes rendus à une séance de
dédicaces de Michel Le Bris, pour son dernier livre intitulé La beauté du monde. Celle-ci se déroulait à la librairie Cheminant de Vannes. Sur place, fait aussi rare qu'exceptionnel pour
un auteur du calibre de Michel Le Bris, nous n'avons pas eu à attendre longtemps pour l'approcher.
Après avoir signé quelques dédicaces, notamment à Mme le Villio et Sylvain, Michel Le Bris a accepté avec une extrême gentillesse de
répondre à quelques-unes de nos questions. Premièrement, nous lui avons demandé d'où lui était venue l'idée d'écrire La beauté du monde. Celui-ci a répondu que c'est en réalisant un
documentaire sur Jack London, il y a une dizaine d'années pour une chaîne de télévision, qu'il avait découvert des photos aussi surprenantes qu'époustouflantes d'un certain Martin Johnson. Il
s'était alors intéressé de plus près à cet homme, qui a connu ses heures de gloire dans les années 20 en compagnie de sa femme, Osa. Il s'en est suivi depuis tout un cheminement pour aboutir à la
création du livre.
Dans un deuxième temps, nous
avons voulu savoir ce que lui inspirait l'attribution du prix Nobel de littérature à Jean-Marie Gustave Le Clézio. Michel Le Bris a alors déclaré qu'il était « très content » que cette
récompense aille à cet écrivain pour plusieurs raisons. Tout d'abord JMG Le Clézio et Michel Le Bris ont les mêmes aspirations. En effet, ils sont tous deux adeptes d'une littérature-monde. JMG
Le Clézio a d'ailleurs été l'un des premiers signataires du manifeste « pour une littérature-monde en français ». De plus, cela permet de mettre un coup de projecteur sur ce courant.
Egalement, Michel Le Bris estime beaucoup JMG Le Clézio pour sa grande humanité.
Enfin, à l'évocation de la sélection Goncourt 2008, Michel Le Bris nous déclare qu'il ressent un vent nouveau soufflant sur la
sélection. En effet, il constate qu'un équilibre s'installe entre une littérature, pas assez à son goût, qu'il juge « avant-gardiste » et la littérature monde qu'il défend. Jusqu'ici
les sélections Goncourt étaient marqués par une littérature « avant-gardiste » et « nombriliste ». Cependant il n'appelle pas à un boycott de cette littérature et excècre
l'idée que la littérature-monde devienne un style prédominant. Michel Le Bris pense en fin de compte , que la littérature n'est jamais aussi forte que dans sa diversité.
D'autre part l'auteur nous a
confié qu'il habitait au bord de la mer dans sa jeunesse, plus précisément dans la baie de Morlaix, et voulait découvrir ce qui se cachait derrière la ligne de l'horizon, autrement dit
:l'ailleurs.
En somme, cette rencontre avec Michel Le Bris met en exergue une façon de percevoir le monde. Celle qui permet d'outrepasser les
frontières de l'inconnu.
Allez Allez ! On remotive les troupes, petite baisse de la cadence au niveau de nos
lectures ! Quant à nos dossiers, ce n’est pas non plus très glorieux. « Superficiels et pas très recherchés ». Des groupes de quatre se forment pour présenter à l’oral le livre de
son choix. D’ailleurs, tout le monde se jette sur la liste pour pouvoir VRAIMENT présenter son roman favori. Les consignes sont simples ; présenter brièvement l’auteur, résumer l’action,
lire un passage et le commenter, puis donner un avis personnel original et constructif… AU TRAVAIL !
Noémie
14 octobre
Marie
Aujourd’hui nous devons nous entraîner à l’oral dans l’optique d’être convaincants
mercredi prochain devant les lecteurs de la bibliothèque. La tâche est ardue, quatre (très) courageuses demoiselles se lancent, et tout le monde constate que c’est bien plus laborieux que prévu.
En effet, elles ne peuvent que progresser ! Le maître mot?S’ORGANISER !Pour cela, nous écoutons avec toujours autant d’intérêt les précieux conseils de Mme Le Villio et M.
Urnauer, qui sans cesse nous motivent et nous mettent sur la bonne voie dans nos recherches et nos réflexions
Noémie
Aujourd'hui, le programme est chargé.
Il nous faut finir nos dossiers par groupes de 2 ( qui devaient déjà être rendus pour le week-end dernier ... ). Dans un second temps, nous devons tous travailler sur nos présentations orales
de livres, qui se dérouleront à la Bibliothèque Municipale le mercredi 22 octobre.
Jeanne, Flammenn, Marie et moi sommes le 1er groupe à passer aujourd'hui. Mme Le Villio nous fait un rapide " brieffing " concernant notre oral. En effet le travail est conséquent mais il doit être
clair et concis. 5 minutes de prestation. Voilà notre but. Malheureusement ce 1er essai est assez ... catastrophique.
Pour finir, la sonnerie retentit et nous sauve de notre désarroi. Prochain essai vendredi.
Tous à vos présentations !!
Les lectures se
poursuivent, les recherches aussi … chaque semaine, le mardi, au CDI. Certains livres tardent à arriver (c’est si loin, Pompéi ?...), mais les premières fiches se remplissent, les conseils
s’échangent et la rumeur s’étend !... ( « Tiens, lis celui-là. Et en plus, il est court !... »). Il est vrai que les « gros pavés » bougent moins de leur place
réservée … mais les plus courageux s’y mettent !
Comme à leur habitude , les élèves de première S 2 sont sans relâche face au travail dans le but d'atteindre la perfection , pour nous l'espérons faire plaisir à Mr Urnauer .
Quentin et Yoan
30 septembre
Notre petite routine du mardi de 16h30 à 17h30 est bien installée. Après un rapide résumé de notre programme et quelques indications supplémentaires, chacun se met au travail. Objectif de
la séance : avancer nos dossiers sur chaque livre du Goncourt. Je suis d'ailleurs subjuguée par l'organisation de Ronan (sachant qu'il travaille sur La beauté du monde de Michel Le Bris
!). Oui, il a déjà tout prévu, étudier chaque passage intéressant du livre, fait le plan de sa critique... Prenons tous exemple !
Alors que le calme régnait sur le CDI deJoseph Loth où notre classe travaillait
studieusement, une forte exclamation brisa le silence ! En effet, alors qu'Alexandre (le fier représentant de Marseille au sein de la 1èreS2), s'amusait à éteindre l'ordinateur de nos
demoiselles, Mr Urnauer a... usé de son humour au près de notre marseillais. Qui ne l'a pas apprécié et a quitté le CDI sans plus de cérémonie... ! (La conclusion de l'histoire se passera en
classe). Mais ce n'est pas tout. Deuxième intervention de notre professeur : alors que Mme Le Villit et Estelle avait une passionnante discussion de femmes sur Jour de souffrance de
Catherine Millet, il les a interrompues sans aucuns scrupules ! =)
GRANDE INFORMATION : Yoan Malbranque découvre, grâce au Goncourt des lycéens, qu'il a besoin de lunettes !
Voici comment a débuté le défi Goncourt de cette année 2008 au lycée Joseph Loth. Car c’est bel et bien un défi que nous a lancé notre professeur de français Mr
Urnauer. On ira même jusqu’à dire que c’est une Aventure.
Le programme est chargé surtout pour des élèves de 1ère S. Certains sont déjà médusés à la vue
de l’épaisseur des livres mais heureusement il y en a parmi nous dans la classe de 1ère S2 qui sont fin prêts à faire de ces 8 semaines une aventure aussi bien épique, qu’enrichissante.
Nous voilà donc au CDI du lycée, quand une collation passe juste à côté de nous. Les plus voraces d’entre nous s’y attaquent mais sont arrêtés dans leur élan
collectif. Là, les rôles sont délivrés: Flammenn sera au son, Charline à la photo avec Pauline et Margot, Marie et moi-même nous nous occupons du carnet de bord. (Sans oublier tous ceux que j’ai
par inadvertance oubliés… )
Tout le monde était au rendez-vous: deux bibliothécaires de Pontivy, la foultitude de
journalistes, le libraire de la rue d’en face, M. Nogues, l’une des deux documentalistes du Lycée, M. Le Clainche, le proviseur adjoint, deux élus de Pontivy (Mme Burlot et M. Le Baron) et Mme
Congretel, notre professeur principal, sans oublier Mme Le Villio accompagnée de son incroyable enthousiasme !
Après les politesses, on passe aux photos puis à la découverte tant attendue des livres. Seul problème : les livres ne sont pas TOUS là … Mais heureusement, Mr
Urnauer, Mme Le Villio et la Bibliothèque Municipale Pontivyenne ont amené les livres manquants. Ouf! L’incident est résolu. C’est le moment des réjouissances !!
Les livres sont posés dans une valise quelque peu
antique mais qui a toujours son charme. Les personnalités s’en vont. Certains d’entre nous font la lecture du livre qu’ils ont choisi. Pour ma part j’ai choisi Une éducation libertine de
Jea
n-Baptiste Del Amo. Et la découverte de ces premières pages me semble déjà formidable. Les lectures se suivent et s’achèvent.
La séance touche à son terme mais avant, quelques dates sont données par Mr Urnauer: Le défi Goncourt se déroulera du 12/09 au 12/11. Lors de cette période une rencontre se déroulera à la bibliothèque de Pontivy. Nous parlerons avec des adultes
qui eux aussi lisent ces livres. Puis le 11 et 12 décembre il y aura la rencontre tant attendue avec les auteurs !!! Enfin pour finir sur une date et non des moindres, celle de l’anniversaire de
notre cher professeur de Français le 6 novembre pour l’ultime réunion, où nous déciderons, autour d’un banquet convivial, quels sont nos trois livres préférés et qui d’entre nous ira défendre
notre choix lors de la délibération régionale!
Maintenant il est 17h30, et nous quittons tous peu à peu le CDI avec déjà plein de souvenirs, de mots et de projets…
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