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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 11:26

 

 

 

"Juste ce souffle montant avec lenteur, avec ampleur, des profondeurs du corps concentré à l'extrême non sur lui-même, mais sur l'oubli de soi - sur une excavation, un évidement de soi. Et ce souffle s'affine, il s'allège, il est doux et pénétrant comme le son d'un hautbois. Un soupir de lumière s'échappant de l'obscurité, un sourire vocal tintant discrètement dans l'air. une exhalaison de silence."



SYLVIE GERMAIN, Magnus, Fragment 0, Folio Gallimard, p.254-257

 

 

 

 

 




pour accéder à un diaporama
autour d'un extrait du roman de Sylvie Germain

sur l'initiation de Magnus par Frère Jean


avec la participation de

Julia, Youna, Margot, Corentin,
Marion, la Bible, Giotto, Soulages,
J. Chevalier et A Gheerbrant, Célia Ricard,
Nolwenn, Klimt, Baudelaire,
José de Ribeira, Philippe de Champaigne,
Laura, Depeche Mode, Anaelle,
Méline, Fiona
...




Couverture imaginaire de Nolwenn




La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles ;

L'homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l'observent avec des regards familiers.


 

CHARLES BAUDELAIRE

Correspondances – Les Fleurs du Mal  (1857)




La rencontre d'Elie et de Dieu 1ère partie



La rencontre d'Elie et de Dieu 2ème partie





La plénitude se serait suicidée dans une giboulée de rêve.






Depeche Mode - Enjoy the silence

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Published by Immédiatement Contemporain - dans Sylvie GERMAIN
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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 09:04

 

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Sur les trois romans



 

1- La mort de l’enfant est un élément récurrent et décisif de plusieurs de vos intrigues (Belle de jour et le bébé du narrateur dans les Âmes grises ; la petite fille de Monsieur Linh ; la mère et son bébé dans le train pour le camp, l’histoire du tailleur de Bilissi dans Le rapport de Brodeck ; Pierre, dans le film Il y a longtemps que je t’aime). Pourquoi ?

 

Ma réponse risque de vous sembler bien banale, mais je pense qu’elle est la principale explication : la mort de son enfant est sans doute le drame le plus terrible qu’un être puisse connaître dans sa vie. Il y a là une horreur indépassable en même temps qu’une rupture profonde de la logique de la chaîne de vie et de la succession des générations. Explorer cette tragédie dans ce que j’écris, c’est un peu comme essayer de m’en prémunir dans la vraie vie.

 


2 - Quelle importance donnez-vous aux titres de vos romans ?

 

Une grande importance. Ils ne sont jamais choisis au hasard. Il faut qu’ils sonnent bien à mon oreille, qu’il y ait un accord profond entre eux et le texte. Je les aime aussi parfois intrigants, poétiques, avec aussi des clins d’œil à d’autres œuvres aimées, comme c’était le cas pour Les âmes grises, qui rappellent Les Âmes mortes de Gogol, ou Les Âmes fortes de Giono.

 


3- Vous avez affirmé (aux Rencontres Goncourt) que vos romans (Les Âmes grises, la petite fille de Monsieur Linh, le rapport de Brodeck) forment une trilogie ; pouvez-vous expliciter les liens entre les 3 œuvres ?

 

Je les sens intimement reliés car, dans le processus et l’évolution de mon écriture et de la construction d’une narration, le premier m’a permis d’aller vers le deuxième, et les deux premiers vers le troisième. Les Âmes grises peuvent encore par certains aspects se rapprocher du genre du roman historique, en tout cas, c’est un véritable roman, au sens classique du terme (narration, effet de réel, dispositif de personnages, etc). La Petite fille de Monsieur Linh rappelle une sorte de conte philosophique, avec un effacement des repères spatiaux. Le rapport de Brodeck hérite des deux : une forte structure romanesque mais une parenté avec la fable qui le tire vers le récit parabolique. Sur le plan de la thématique, tous les trois tentent d’explorer la situation de l’homme devant la guerre, à côté d’elle, ou après elle. Par ailleurs, métaphoriquement ou directement, ils sont des miroirs de grandes tragédies du XXème siècle.


 

4- Le thème de l’exil, de l’étranger, de l’exclu est présent dans les 3 romans. Pourquoi ?

 

Je ne sais. Cela s’est fait comme cela. Je ne réfléchis jamais lorsque j’écris. J’écris de façon animale. Je pense que la situation de ceux qui souffrent me préoccupe davantage que celle des nantis. L’exclu est par excellence le souffrant. Je pense que mon écriture, sans que je le veuille vraiment, comporte une portée sociale et politique. C’est ma façon à moi de prendre place parmi les voix de la cité.


 
 

 


 5- On a le sentiment que vous aimez perdre votre lecteur dans la manière même dont vous écrivez vos œuvres (ex : les indices de la poupée dans La petite fille de Monsieur Linh, la fragmentation dans Le rapport de Brodeck) : est-ce volontaire ?

 

Pas vraiment. C’est avant tout avec moi-même que je joue. J’aime plonger dans les romans comme dans des eaux complexes et très noires. Parfois je m’y noie un peu, mais je refais surface. En tant que lecteur, j’aime les romans qui me déroutent et m’emmènent là où je ne pensais pas aller. Il n’est pas impossible qu’inconsciemment j’essaie de faire la même chose lorsque j’écris. L’idée de perturber un lecteur est une chose plaisante, surtout lorsque cette déstabilisation ouvre sur une faculté plus grande de conscience et de réflexion, et c’est bien cela qui est visé.



6- Le langage cinématographique joue-t-il un rôle dans l’écriture de vos romans, dans votre imaginaire d’écrivain ?

 

Dans mon imaginaire, sans doute. Dans l’écriture, parfois il me semble que oui : des scènes sont écrites comme pour être mises en scène, au sens cinématographique. Il y a aussi des procédés de montage que j’affectionne et qui s’invitent dans la construction de la narration. La lumière joue un grand rôle également. Mais je pense d’une façon générale que toutes les autres formes d’art (peinture, musique, photographie, etc) influencent mon écriture. Je suis et aime être un individu perméable. De tous les arts, il me semble tout de même que c’est à la peinture que j’emprunte le plus ses procédés et ses techniques.


 
7- Quel est l’enjeu de la temporalité telle que vous la construisez dans vos romans ?

Elle est rarement linéaire. J’aime la tordre, la rompre, la recoudre, comme on le fait lorsqu’on pense. Notre pensée n’est jamais linéaire. Elle est imprévisible. J’aime l’expression de Montaigne « procéder par sauts et gambades » L’écriture d’un roman est tout sauf un exercice d’asservissement. C’est le lieu absolu de la liberté. Ma façon de traiter le temps et la temporalité reflète cela, je crois.

 

 


Sur Les âmes grises
 
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8- En quoi vous êtes-vous inspiré du genre de la chronique pour l’écriture des Ames grises ?


En aucune façon. En tout cas consciemment
.



Sur La petite Fille de Monsieur Linh


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9- "La petite fille de Monsieur Linh" nous a paru facile à lire, à une exception près, celle du point de vue. Par moments, on ne sait plus si c'est Monsieur Linh ou si c'est un poète qui transmet sa vision du monde. Comment avez-vous travaillé cette notion?

 

Je voulais en effet un texte facile à lire. En tout cas d’une apparente facilité. Mais c’est peut-être de tous les livres que j’ai écrits celui pour lequel j’ai le plus travaillé et retravaillé pour arriver à cela. La plupart du temps, c’est Monsieur Linh qui voit le monde. C’est une focalisation interne. Mais parfois, celle-ci se dédouble pour laisser un peu de place à la voix d’un narrateur qui se confondrait avec le personnage et avec l’auteur. Mais tout cela se fait assez naturellement, puisque quand j’écris ce livre, je deviens Monsieur Linh, je marche comme lui, je pense comme lui, j’ai peur comme lui et j’espère comme lui.


 

10-  En écrivant "La petite fille de Monsieur Linh" aviez-vous en tête un cadre spatio-temporel précis avant de recourir à l'indétermination du conte?

 

Non. Le but était vraiment d’être imprécis géographiquement, et un peu aussi temporellement. Je voulais que tous mes lecteurs dans le monde puissent ancrer cette histoire dans leur pays. Il ne faut pas oublier que ce texte a été écrit après que les âmes grises ont été traduites en plusieurs dizaines de langues. Soudain je prenais conscience que j’étais lu en dehors de mon pays. Ce livre s’est écrit aussi dans le rythme incessant des voyages autour du monde, comme Brodeck d’ailleurs, et cela n’est pas étranger à sa tonalité.


 

11-  En lisant votre roman, certains élèves de la classe ont été tentés par une lecture chrétienne de votre oeuvre. Pouvez-vous, dans la mesure du possible, préciser votre univers de croyance, votre rapport à la religion?  

 

Je suis un ancien croyant que la foi a abandonné. Un jour Dieu a mis la clé sous la porte et il est parti de chez moi, sans me donner de raison. Je garde tout des enseignements de la religion catholique, et de toutes les religions en général, le respect de l’autre, la fraternité, la compassion, la charité, etc. La seule chose que je n’ai plus, c’est Dieu, mais finalement, ce n’est peut-être pas la chose la plus importante. Dieu ne réside peut-être que dans son message.

 


12- Est-ce que vous souhaiteriez une adaptation cinématographique de votre roman ? Et si oui, comment envisagez-vous la chose ? (cela implique de répondre à la question : faut-il montrer qu'il s'agit d'une poupée ? quel est le regard porté sur Linh ?)

 

J’ai écrit une adaptation à la demande d’un producteur, il y a deux ans. Puis le producteur voulait que je la mette en scène moi-même. J’ai réfléchi longtemps et j’ai fini par dire non. Cela ne m’intéresse pas, ou pas pour le moment. Le plus difficile pour moi était d’imaginer à l’écran, le non lieu de cette ville. La poupée, certes, devait être montrée au bout d’une dizaine minutes, mais le fait de la voir ne me posait pas problème car je trouvais que cela rendait encore plus belle la relation entre les deux hommes : Monsieur Bark accepte la folie de Monsieur Linh, car l’amitié est plus forte que cela. Non, pour moi, la plus grande difficulté était de l’ordre du décor. Par ailleurs, il aurait fallu trouver un équivalent cinématographique pour traduire la poésie du livre et sa fragilité, je parle ici de style, et ce n’est pas évident. Mais de toute façon, d’une façon générale, je fais tout la plupart du temps pour décourager les adaptations de mes livres à l’écran. Pour Les Âmes grises, c’était un peu différent, car c’était un ami, Yves Angelo, qui voulait l’adapter, et j’aime beaucoup son univers cinématographique.

 



Sur Le Rapport de Brodeck

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13- Qu’incarne le personnage de l’Anderer ? Qui est-il pour vous ?
 

Il y a plusieurs lectures possibles : la figure de l’étranger, celle de l’artiste dont la mission est de dévoiler des vérités dérangeantes, une figure christique, un double du narrateur, une création du narrateur devenue fou, et d’autres sans doute.

14- Que représentent la disparition et le retour des renards dans Le rapport de Brodeck ?

J’aime les mystères. C’en est un. On n’est pas obligé de tout expliquer, de tout comprendre. Je voulais des renards dans ce livre, allez savoir pourquoi ? Leur disparition est comme un écho à celle de l’espèce humaine. Ils sont exterminés par un mal inconnu, ou se suicident, mais au final, il en reste un tout de même.

 

15- En écrivant à la fin du rapport de Brodeck que le héros « portait toutes (les) trois (femmes) sans mal » dans ses bras, insinuez-vous que Brodeck a rêvé ses amours, comme Linh rêvait sa petite fille, comme le tailleur de Bilissi rêvait la sienne ?

Non,  c’était plutôt une réminiscence de la fuite d’Enée. Il quitte Troie en flammes avec son  vieux père sur ses épaules, et son fils.

16- Quels sont les auteurs qui vous ont inspiré dans l’écriture de ce roman ?

Je ne pense jamais à des auteurs en écrivant. Ce serait dramatique. Mais en relisant, parfois je trouve des clins d’œil, ici à Mario Rigoni Stern, à Rousseau, à Kafka, à pas mal de peintres aussi, comme Caspar David Friedrich, les primitifs hollandais. On ne fait que redire vous savez !

 


17- Connaissez-vous notamment Yvonne, princesse de Bourgogne de Witold Gombrovicz et le personnage éponyme, proche de l’Anderer ?

 
De titre seulement. Mais jamais lu.

 


18- La langue de Brodeck est-elle l’alsacien ?


Non. C’est une langue inventée pour les besoins du roman. Il était important qu’elle vienne de nulle part. J’ai simplement pris de l’allemand que j’ai déformé. Beaucoup de lecteurs ont cru reconnaître certains dialectes alémaniques. C’était assez cocasse.

 

 

 
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Published by Immédiatement Contemporain - dans Philippe CLAUDEL
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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 10:40

« Une esquisse de portrait, un récit en désordre, ponctué de blancs, de trous, scandé d’échos, et à la fin s'effrangeant. » (Ouverture)













pour découvrir un diaporama
autour de la déconstruction
dans le roman Magnus de Sylvie Germain

avec des productions de
Lucie, Adriana, Emmanuel,
Rachelle, Logan, Claire,
Sandrine, Justine, Pauline,
Fanny, Baptiste, Julien,
Anaelle, Lisa, Florian,
Clara, Yu, Thibaut

...




Des milliers d'images,

un grand vide.

Il est inconnu à lui même.

Le doute se déplie,

s'étend à tout son être,

le ronge.


Réécriture par Adriana


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Published by Immédiatement Contemporain - dans Sylvie GERMAIN
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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 00:40
 


Fragments enfantins.


Bonheur maquillé de noir ensanglanté.


"Une douceur qui pue la mort."

Mémoire incendiée.

Danser avec la mort.


L'inconnue maternelle.

May.

Des voix.




La polyphonie fantomèsque.

Recommencement mortuaire.
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Published by Claire - dans Sylvie GERMAIN
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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 07:32


Pedro, est un chien de petite taille, au doux pelage, marron, noir et blanc légèrement encrassé sur le ventre. Le marron est étrangement symétrique sur la tête. Il dégage une odeur de chair.
 Ses oreilles sont molles et cousues au niveau des tempes. Elles sont marrons auburnes et leurs bouts sont arqués de noir. Elles sont intactes. Ses pattes sont moelleuses et remplies de petites billes chinoises. Celle de gauche a un léger trou qui laisse parfois s'échapper quelques billes transparentes. Sa queue est moitié blanche et moitié marron. Elle tombe toujours du côté gauche. Son gros museau est constitué d'un ovale de cuir qui lui donne un aspect brillant, humide. Ses yeux sont uniques, imenses et monstrueux qui lui donnent un regard fatigué avec les paupières à demi fermées. Il porte un message d'amour sur son ventre. L'encre du crayon s'est effacé et on devine mal ce qui est écrit. Elle a d'ailleurs sali son ventre désormais noirâtre.




MARIE

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Bob est une éponge de taille moyenne, à la texture douce, jaune vif, légèrement entaillée sur le haut de la tête. Il émane de lui une forte odeur de renfermé.
Ses vêtements ont été confectionnés dans une usine textile, taillés dans des étoffes chinoises. Des mains d'une Taiwanaise, ils ont été cousus avec une rapidité à la chaîne. Sa cravate rouge en velours reflète une certaine classe sur son torse épongeux. Son short noir arbore sur son bassin une envie de croire dans la régularité de son mode de vie. On s'attend à trouver un beau chapeau sur le haut de son crâne, pour clore sa tenue. Des lunettes carrées noires lui trônent sur le nez, quelques tâches rousses pixellisent ses pommettes.
Bob ne se déplace jamais sans son paté au crabe, spécialité du chef cuisinier de Bikini-Bottom, son lieu de résidence.




Mon Bob L'éponge est comme ça... Pas le vrai O.o


*


CHARLOTTE

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Published by Marie - Charlotte - dans Sylvie GERMAIN
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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 01:56



 

 

"Il entend le mugissement d'un orgue colossal, d'assourdissants coups de cymbales, le vrombissement de millions de tambours. Un orchestre fou joue dans le ciel, il joue avec des instruments d'acier, de feu. Son tumulte s'engouffre jusque dessous la terre, qui tremble et hurle. (...)


Il la regarde, la regarde se consumer, se calciner. Il la regarde, yeux grands ouverts, s'effacer de sa vue, s'effacer de sa vie. Yeux grands ouverts, grands aveugles, il la regarde, la regarde..."



SYLVIE GERMAIN, Magnus, Folio Gallimard, p.88-90

 

 

 

 

 




pour accéder à un diaporama
autour d'un extrait du roman de Sylvie Germain
sur les "visions sonores" de Magnus à Comala.

avec la participation de
Munch, Dix, Picasso, Pollock,
Avril, Claire, Coppola,
Rimbaud, Sebald, la Bible,
Drolling, Pasolini, Fiona
...





PICASSO - Guernica (1937)





JACKSON POLLOCK - Number 8 (1952)




FRANCIS FORD COPPOLA - Apocalypse Now (1979)






PIER PAOLO PASOLINI - Oedipe Roi (1967)




BARBARE

Bien après les jours et les saisons, et les êtres et les pays,
Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques ; (elles n'existent pas.)
Remis des vieilles fanfares d'héroïsme - qui nous attaquent encore le cœur et la tête - loin des anciens assassins -
Oh ! Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques ; (elles n'existent pas.)
Douceurs !
Les brasiers, pleuvant aux rafales de givre, - Douceurs ! - les feux à la pluie du vent de diamants jetée par le cœur terrestre éternellement carbonisé pour nous.
- O monde ! -
(Loin des vieilles retraites et des vieilles flammes, qu'on entend, qu'on sent,)
Les brasiers et les écumes. La musique, virement des gouffres et choc des glaçons aux astres.
O Douceurs, ô monde, ô musique ! Et là, les formes, les sueurs, les chevelures et les yeux, flottant. Et les larmes blanches, bouillantes, - ô douceurs ! - et la voix féminine arrivée au fond des volcans et des grottes arctiques.
Le pavillon...



ARTHUR RIMBAUD - Illuminations (1886)





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Published by Immédiatement Contemporain - dans Sylvie GERMAIN
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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 03:44



 


"Il porte enroulé autour du cou un carré de coton
brodé à son nom en grosses lettres bariolées.
M grenat, A rose, G violet, N orange, U bleu nuit et S jaune safran.
Mais ces lettres ont perdu de leur éclat,
les fils sont encrassés et le coton a jauni."

SYLVIE GERMAIN, Magnus, Folio Gallimard, p. 18






pour accéder à un diaporama
autour d'un extrait du roman de Sylvie Germain
sur l'ourson Magnus.

avec la participation de
Balzac, Ponge, Marine,
Anne, Solenne, Charlotte,
Robin, Winnicott, Pauline,
Baudelaire,
Rimbaud, Fabio, Cristiana,
Domenici, Eleonora, Munch, Fiona
...


Pauline - Couverture imaginaire du roman







MUNCH - Le cri (1893)

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Published by Collectif - Brest - dans Sylvie GERMAIN
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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 01:03

... cette terrifiante situation d'autodestruction consentante l'inspira d'une triste ironie et elle lui donna Tango à écouter, elle lui donna leur relation devenue douleur à écouter, cela acheva son coeur et son corps, mais laissant son âme encore plus déterminée dans sa quête du Destin .

 

Notule

Mes larmes coulent à la plaine
Tant leur amour est grand
Certains disent que parfois
Les larmes coulent du sang

C'est le mien, mon amour
Et c'est pour toi qu'il coule
Qu'il coulera toujours
Dans mes yeux des torrents

Parfois, tu verras lune
Eclairer les baisers
De celui que tu aimes
Que tu croiras aimer

Il sera dans tes bras
Et moi, je serai là
Comme un loup blessé
Qui ne peut plus se battre
Mais se bat encore

Car l'amour, c'est la mort
Et t'aimer, c'est saigner
Saigner de tout son corps
Oui, l'amour c'est la mort
Oui, l'amour c'est la mort
Et toi, ça te fait rire
De voir qu'il n'en est qu'un
Qui pourra s'en sortir

Mon sang dans la rivière
Dis, sais-tu où va-t-il ?
Il se perdra sans doute
Dans de tristes estuaires

Dans ma triste complainte
J'imagine soudain
Que tu passes par là
Que tu me prends la main

Pour danser sous la lune
En souvenir du temps
Où nous étions enfants
Où nous étions nous-mêmes

Mais il n'y a que moi
Que moi et mes sanglots
Et la lune est la seule
A danser le tango

Car l'amour, c'est la mort
Et t'aimer, c'est saigner
Saigner de tout son corps
Oui, l'amour c'est la mort
Et toi, ça te fait rire
Comme un empereur triste
Qui voyant son empire
Se dit qu'il n'a plus rien
Plus rien à conquérir

Tu sais, j'ai fait le deuil
De nous deux et de toi
Mais si nous deux c'est mort
Alors c'est mort pour moi

Dans ma main, ce couteau
Cette entaille au poignet
Ressemble à ton sourire
Qui me dit qu'il faut partir

Je ne sens plus mon être
Et la douleur s'en va
Adieu, mon assassine
Adieu, pauvre de moi

Je danse avec l'amour
Je danse avec la mort
Et je crie à la nuit
S'il te plaît, reviens-moi

Et je danse mon amour
Et je chante à la mort
Cette chanson d'amour
Cette chanson pour toi

Cette chanson pour toi

 

 Tango de Damien Saez


 

 

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Published by Logan - dans Sylvie GERMAIN
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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 00:59

 

NOTULES



Lu est un ourson de petite taille , au pelage doux, plutôt roux, aux reflets dorés par endroits.


 

Il en ressort une légère odeur de gingembre. Ses oreilles ont été confectionnées en deux petits ronds de laine rouge. De la cerise, ils ont  la teinte rougeâtre, acide et vif. L'une est intacte, l'autre à moitié grignotée de ma bouche. Ses pattes sont garnies de cette même laine. Son museau est un petit bout de plastique noir. Il lui manque un œil , l'autre est une petite bille bleue. Il a dans son ventre une entaille, et quand on met la main dedans , on y trouve un petit pendentif en or , avec gravée Lu , en lettres manuscrites...

 

 

 

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Arthur est un ourson de grande taille, au pelage assez épais, noir légèrement scintillant par endroits. Il émane de lui une discrète sensation de chaleur.

     Ses pattes, ont été confectionnées dans une perfection pour ses coutures souples où l'on a soigneusement rattaché ces deux rondelles à ses extrémités. De la laine, elles ont la pâleur beigeâtre, l'aspect doux et reposant. L'une est intacte, l'autre à moitié effilochée avec l'usure. Un ovale taillé dans le même morceau de laine forme un museau placé sur son visage. Le bout de ce museau, est constitué de brins de tissu noir cousus serré, en forme de boule.

Ses yeux sont globuleux, ils ont une forme commode mais la teinte brun rougeâtre d'une châtaigne, ce qui lui donne un regard fou et étonné.

         Il porte enroulé autour du coup un nœud roussi en forme ruban à cadeau.


 

 

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Published by Solenne - dans Sylvie GERMAIN
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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 00:51



***

| Et les nuages parfois recouvrant tout, cela n'a plus d'importance, ce nom s'est écrit sur la peau de son coeur . |

*** 

 

 

MARIANNE

 

 

 

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 Un après-midi  livide ,

Ce qu'ils partagent ,

concentré à l'extrême ,

Dans la boîte en carton

de paille

 

MELINE

 


 

 

 

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Une fée, un sorcière, un tronc d'arbre, un ange foudroyé ?

peu importe, les yeux grands ouverts

nous creusons une tombe dans les airs...


JUSTINE

 

 


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Des milliers d'images,
un grand vide.
Il est inconnu à lui même.
Le doute se déplie,
s'étend à tout son être,
le ronge.

 

ADRIANA

 


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La plénitude se serait suicidée dans une giboulée de rêve.



























Les sons ont laissé un semblant de délivrance au fond de sa poche.





La bêtise humaine tressaille, anxieuse, dans du formol.



JULIA


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 Le coeur nocturne a respecté la valse voisine au ras du ciel


SANDRINE





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Souvenir d'un rêve noir ... Encombré de métal .


MARIANNE



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Quand tout a été en ordre, il a fait pire que laisser l'amour s'écoeurer à genoux dans la poussière impalpable.

 

MARIE


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Published by Collectif Brest - dans Sylvie GERMAIN
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Accueil

Ce blog est un espace de lecture, d'écriture, de création,
autour des romans ayant obtenu le Prix Goncourt des Lycéens ces dernières années.

Il est l'oeuvre des élèves de différentes classes de l'Académie de Rennes
engagés dans l'étude d'un roman d'aujourd'hui :

http://blogs.mollat.com/litterature/files/sylvie-germain.jpg
SYLVIE GERMAIN, Magnus
(Prix Goncourt des Lycéens 2005)



LEONORA MIANO, Contours du jour qui vient
(Prix Goncourt des Lycéens 2006)


PHILIPPE CLAUDEL,
Le rapport de Brodeck
(Prix Goncourt des Lycéens 2007)

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