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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 23:01



Souvenez-vous ....

Souvenez-vous ce vendredi 12 septembre 2008, il y a plus de 2 mois déjà, lorsque tout a commencé : je vous avais promis l'aventure et des découvertes, et je crois pouvoir dire aujourd'hui que je ne m'étais pas trompé !..

Le tout est de s'entendre sur ce qu'est une aventure, et plus particulièrement l'aventure de la lecture : car on peut être à la recherche d'un trésor antique, et se retrouver avec un goût de cendre dans la bouche. Ce fut le cas, faut-il croire, des téméraires qui lirent Une nuit à Pompéi, qu'ils jugèrent un peu trop volcanique à leur goût ; pourtant, on ne tombe pas forcément sur des ruines, semble-t-il, quand on passe une nuit à Pompéi ...


D'autres, pensant y trouver la voix du Prince, à défaut de la voie royale, ont voulu se laisser bercer par Le rêve de Machiavel. Mais celui-ci, hélas, tourna assez vite au cauchemar !...


Pour d'autres encore, le Goncourt Lycéen fut vécu comme un Jour de Souffrance, je l'ai bien remarqué. C'est oublier qu'un jour de souffrance, comme l'indique Catherine Millet, c'est une fenêtre ouverte sur l'extérieur. Or qui veut vraiment vivre l'aventure ne doit pas s'attendre à ce que le trésor vienne tout seul à lui ; sans quoi ce serait un bien triste trésor. Dans la quête au trésor, c'est avant tout la quête qui compte. Pour bien savourer l'aventure, il faut donner de soi, et trouver la bonne démarche, pour mieux se délecter du paysage.


L'aventure, en somme, c'est toute une éducation. Une éducation libertine, même, parfois, qui n'aura peut-être pas trop été du goût des lecteurs du Lycée Loth, mais cela n'aura pas été le cas ailleurs. C'est pourquoi les échanges et le partage des points de vue permettent encore d'étendre l'aventure à des horizons inconnus jusque-là.


Pour certains, l'aventure mène aussi à la méditation et au silence de Mahomet, qui s'est montré à nous sous de multiples formes, en fonction des regards que d'autres auront portés sur lui, pour mieux nous le dévoiler.


D'autres auraient bien dévoré les 15 livres de la sélection et se voyaient déjà beaux comme Un chasseur de lion ; pourtant, il leur a bien fallu admettre que le sieur Pertuiset, ils ne pouvaient plus le voir en peinture, et qu'ils ont eu du mal à l'encadrer.


Mais d'autres encore se sont pris au jeu de la lecture, et sont tombés sous sa fascination, et même sa Domination.


Je n'allais pas leur jeter la pierre, à ceux qui s'armèrent de patience, et qui auront compris, en cours de route, qu'un livre peut ressembler à une Syngué Sabour : il peut se faire complice, confident des émotions les plus intimes et que lire ne consiste pas simplement à déchiffrer des mots, mais surtout à défricher son âme (qui n'est jamais ni toute noire, ni toute blanche ; rappelez-vous !....)


Vous l'aurez compris, une telle aventure n'est pas de tout repos. On croyait pouvoir faire La traversée du Mozambique par temps calme, finalement, on aura eu droit à l'élaboration d'un dossier, qui a demandé des recherches, une rencontre avec les lecteurs adultes de la Bibliothèque Municipale, qui aura été préparé avec ardeur, mais appréhension aussi (mais quel bon entraînement pour l'oral de bac !...) et la rédaction d'une critique littéraire. De tout ce travail, certains en sont sortis le corps fourbu, et Qui touche à mon corps, je le tue.


Mais tout cela n'aura pas été fait en vain : ce qui fait la valeur d'une telle aventure, au-delà du Prix Littéraire, c'est surtout le prix de l'effort qu'on lui consacre. Comme le dit le proverbe, il faut souffrir pour être beau. Mais n'est-ce pas à ce prix qu'est La beauté du monde ?


Vous me direz, oui, mais il faut du temps (parfois toute une vie) pour trouver tout cela, pour franchir tous les obstacles, malgré nos handicaps. Et entre temps, on se demande bien Où on va papa ?

 
Je vous répondrai, que l'on va vers la Terre Promise. Celle des trois heureux élus. Et que même si, pendant quelques moments de fatigue, on croit l'avoir perdue, il ne faut jamais oublier que pourtant C'était notre terre.


Et que ce lieu béni, que chacun espère malgré les difficultés, même s'il faut pour cela franchir 750 pages, écrites en petits caractères de surcroît, ce monde presque idéal, c'est Là où les tigres sont chez eux.


Et ce n'est pas fini. Puisqu'il reste le meilleur pour la fin. Ces rencontre des 11 et 12 décembre, où vous pourrez aborder celles et ceux qui vous ont fait rêver, pester, méditer, réfléchir, rire ou pleurer.


Qu'y aura-t-il, au bout du chemin, au bout de l'aventure, au bout de vos vies lycéennes ? A quoi êtes-vous promis, par la suite ?


Qui peut le savoir ? L'aventure ne finit jamais tout à fait. Même si l'on en termine une, il s'agit d'en reprendre une autre, de poursuivre et d'agir pour ne pas simplement rêver sa vie, mais bien vivre son rêve.


Ce que je sais donc, c'est qu'au bout de notre chemin, se trouve Un brillant avenir et que je ne peux rien vous souhaiter de mieux.


Je vous souhaite donc à toutes et à tous, d'aller à la recherche de votre trésor, de payer le prix de l'effort qui s'impose pour cela, et de découvrir ce qui vous satisfera le mieux.


Vive l'aventure.


Et vive la lecture !


Merci

Laurent Urnauer

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Il est l'oeuvre des élèves de différentes classes de l'Académie de Rennes
engagés dans l'étude d'un roman d'aujourd'hui :

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SYLVIE GERMAIN, Magnus
(Prix Goncourt des Lycéens 2005)



LEONORA MIANO, Contours du jour qui vient
(Prix Goncourt des Lycéens 2006)


PHILIPPE CLAUDEL,
Le rapport de Brodeck
(Prix Goncourt des Lycéens 2007)

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